19 mai 1902. Les attentats contre les grands de ce monde sont de plus en plus fréquents. L'empereur d'Autriche a failli être dernièrement victime d'un attentat anarchiste. Une bombe enveloppée de papier avait été placée, en gare de Vienne, sous le compartiment du wagon impérial que devait occuper l'empereur à l'occasion d'un voyage de nuit à Bucarest. Un fonctionnaire du chemin de fer à découvert l'engin explosif dix minutes seulement avant l'arrivée du monarque. Une enquête est ouverte. Plusieurs employés du chemin de fer ont été révoqués mais les auteurs de l'attentat ne sont pas connus. * * * Les élections sont terminées depuis quelques temps déjà, c'est l'heure, çà et là dans le département, des règlements de compte et des explosions de haine entre les tenants des partis rivaux. Ainsi en est-il à Rougegoutte, selon un correspondant du journal La Frontière : « Nos illustres champions de la défense « viellardeuse » n'ont pas encore avalé la pilule du 27 avril qu'ils trouvent trop amère. Leur colère aveugle ne connaît pas de bornes et, depuis trois semaines, ils répandent la terreur dans notre village. On a vu cette meute enragée se livrer à toutes les violences pour intimider les républicains. Trois ouvriers du tissage ont été obligés de quitter l'usine devant l'attitude hostile de ces personnages à figure cramoisie, aux regards haineux, aux lèvres écumantes de rage. Ils profèrent des injures et des menaces contre les électeurs qui ont commis le crime de voter pour M. Schneider, les qualifiant publiquement de vendus, de quarante sous, de voyous, etc. En ce moment, ils s'en prennent à notre honorable maire, M. Verrier, qu'ils appellent un citoyen mal élevé, un grossier personnage et un tyranneau municipal (...) ». Le cas n'est pas isolé et bien des communes connaissent de tels comportements. Bien des ouvriers qui n'ont pas obéi aux consignes de vote patronales ont dû quitter leur usine et chercher du travail ailleurs.











