La citadelle de Besançon vient d'ouvrir un nouvel espace consacré aux mécanismes des climats. Le Climatorium permet d'apporter des réponses aux nombreuses questions que le public se pose sur l'évolution du temps ou sur l'effet de serre, car les changements climatiques pressentis dans les prochaines décennies inquiètent.
L'EXPLICATION des climats de notre planète est une démarche scientifique d'actualité encore peu développée dans les musées. Le Muséum de Besançon a franchi le pas et propose depuis une semaine de découvrir les climats de notre planète et leurs incidences sur les différentes formes de vie. « Cet espace, explique Philippe Mathieu, directeur général de la Citadelle, doit permettre de comprendre le rôle des climats, qui est essentiel pour expliquer l'évolution de la faune et de la flore, à l'échelle régionale comme à l'échelle planétaire. » Le Muséum de Besançon, créé en 1959, présente de manière originale ses collections vivantes et naturalisées regroupées sous trois grands thèmes : le vivant, l'explication du vivant et son environnement. « L'eau avec l'aquarium (au rez-de-chaussée), la terre avec l'insectarium (au 1er étage), et l'air (2e étage) avec le Climatorium représentent les trois dimensions de notre planète dans un même bâtiment », reconnaît Gérard Galliot, conservateur en chef du Muséum de Besançon. Adaptée à un large public, cette exposition se compose de quatre espaces thématiques complémentaires avec le système solaire, le climat du passé, le climat aujourd'hui et la météorologie.
Risques climatiques
« Mais, poursuit le conservateur du muséum, nous voulons aussi parler des climats de demain avec les risques climatiques et l'effet de serre ». De quelle manière, l'homme a un impact sur le climat ? est une question d'actualité à laquelle le Climatorium veut répondre en essayant de sensibiliser le public aux problèmes d'environnement. « On assiste donc, de la part du public, à une demande de plus en plus pressante de mieux comprendre les mécanismes de la circulation atmosphérique et du changement climatique » affirme l'un des responsables du Climatorium. Comprendre et prévoir nécessitent de s'appuyer sur des mesures toujours plus diversifiées et plus précises. Pour les produire aux différentes échelles requises, des instruments aux performances accrues sont développés grâce aux agences spatiales tel le Centre national d'études spatiales (CNES). Dans le cadre de sa politique de partenariat, et de concert avec le Muséum de Besançon, l'observatoire de l'Espace du CNES contribue à faire découvrir aux différents publics les apports les plus significatifs de l'Espace sur la question du climat et de son évolution. Pour le Climatorium, l'Observatoire de l'espace présente sous forme d'iconographie, d'audiovisuels ou encore à travers des instruments originaux (ballon sonde pressurisé et capteurs) les climats de notre planète et leurs incidences sur l'évolution de la faune et la flore à l'échelle régionale comme à l'échelle planétaire.
Sensibiliser le public
Par cette exposition, le public peut découvrir non seulement les mécanismes du climat à partir de cartes mais aussi, les animaux qui vivent dans les régions sèches et arides comme le mérionne de Mongolie, ou ceux qui se sont adaptés aux climats froids comme le lemming des toundras ou le manchot du Cap. Un Climatorium ne pouvait oublier la météorologie. Outre son rôle prévisionnel à court terme qui intègre les observations sattellitales, comme l'illustre une vidéo montrant une année d'évolutions nuageuses de la Terre observée par Météosat, l'exposition indique comment la météo participe activement à l'étude des climats. Comprendre le mécanisme des climats n'est donc pas facile, mais le Climatorium permettra au public de mieux appréhender le réchauffement de notre planète et ses conséquences et sera sensibilisé par l'effet de serre. Espérons que la leçon sera retenue et que le visiteur aura compris le message que les scientifiques essaient de faire passer par cette exposition.
Toute l'origine de la vie expliquée par les climats.
Photos Jean Becker
Le merionne de Mongolie symbolise la vie dans les régions aux climats chauds et arides.
La circulation thermohaline à travers les océans, une récente et très importante découverte, a permis d'étudier les courants marins en surface et dans les profondeurs des océans.
La maquette du satellite « Jason» qui a permis d'étudier les climats à partir des observations des niveaux marins. Il calcule à l'échelle du centimètre la hauteur de neige tombée en montagne…











