À Cannes, compétition oblige, le projecteur est toujours braqué sur la sélection officielle et son rituel scandé par les montées des marches. Mais il se passe aussi des choses alentour et s'organiser entre les multiples projections n'est pas le moindre casse-tête du festivalier. D'autant que, ces dernières années, le festival officiel a largement développé Un certain regard. Longtemps perçu comme le prix de consolation de ceux qui avaient raté la sélection officielle, Un certain regard, malgré l'absence de compétition, a pris aujourd'hui une vraie légitimité. Au point qu'il semble faire de l'ombre aux sections dites parallèles. Il fut un temps pas si lointain où ça râlait dur contre l'envahissant « UCR » mais la Quinzaine des réalisateurs (créée au lendemain de mai 68) tout comme la Semaine de la critique, la plus ancienne section parallèle cannoise, attestent d'une vigueur intacte en étant à l'écoute de films qui disent les bouleversements et les soubresauts du monde. Côté de la Quinzaine, les sans-papiers, l'intégrisme religieux, le chômage sont quelques uns des thèmes abordés dans une sélection qui aura aussi son petit parfum de scandale avec Sex is comedy de Catherine Breillat annoncé comme « sulfureux » puisque la cinéaste propose une mise en abîme des scènes de sexe sur le tournage de A ma soeur, son précédent film. La 41e Semaine de la critique joue la carte de l'actualité brûlante avec des oeuvres venues du monde entier qui traitent de l'émigration, de l'insécurité, d'attentat-suicide mais aussi de la perte d'un enfant, des croyances ancestrales africaines ou… de l'amour à 70 ans.
Les marches du Palais ou la fascination de Cannes.
AFP











