Au rythme d'un par an, la Chambre de métiers du Territoire organise un stage long destiné à celles et ceux que tente l'aventure entrepreneuriale. Une opportunité saisie par des personnes aux parcours les plus divers. Rencontre.
ILS S'APPELLENT R émi, Mickaël, Karine… Tous ne créeront sans doute pas leur propre entreprise, mais le stage long spécialement conçu par la Chambre de métiers du Territoire de Belfort, avec le soutien financier du conseil régional de Franche-Comté, ne peut que les y aider. Venus des horizons les plus divers, souvent au chômage, après un parcours professionnel mouvementé, ces 14 stagiaires partagent en effet un espoir : devenir leur « propre chef », en concrétisant une idée d'activité longuement mûrie. C'est le cas, par exemple, de Mickaël Asdrubal. Son DUT de génie électrique en poche, le jeune homme, âgé de 22 ans, a été licencié en décembre dernier d'une entreprise lyonnaise — une mésaventure dont cet Antillais espère bien sortir par le haut : « Je sais ce que représente le problème des déchets sur les îles… et j'aime les belles plages ! À terme, j'aimerais créer une usine de recyclage. Ce stage devrait me donner les connaissances de gestion et de comptabilité qui me manquent. Ensuite, Il faudra faire une étude de marché, trouver les bons partenaires, obtenir des subventions… » Résolument optimiste, le jeune homme envisage avec sérénité les embûches à venir. L'encadrement de la Chambre de métiers veille de toute façon au grain : pas question de bercer les stagiaires d'illusions. « Notre rôle, précise Jackie Consolini, développeur de projet à la Chambre de métiers, ce n'est pas de les pousser à créer une entreprise pour le seul plaisir de créer. Nous sommes là aussi pour les aider à se rendre compte qu'il y a des obligations à respecter et qu'il faut voir sur le long terme. D'où un programme de cours très varié. » Soit 450 heures particulièrement intensives, entamées lundi : 300 de cours théoriques (gestion, droit du travail, informatique, marketing… etc.) et 150 de pratique en entreprise.
« Maintenant je me sens prêt »
Pour Karine, de Lachapelle-sous-Rougemont, l'objectif est un peu différent : « Je suis ici pour pouvoir aider mon mari dans sa comptabilité. Il vient de se mettre à son compte comme peintre en bâtiment… » Victime d'un accident de la route il y a quelques années, la jeune femme entend aussi apprendre à gérer le petit capital qui lui a été attribué, du fait de son invalidité physique : « Je vais créer une société civile immobilière, rénover de l'ancien, dans le but de louer, et de me constituer une sorte de "salaire". » « Maintenant je me sens prêt », affirme pour sa part Ameur Latroch, lui aussi stagiaire. Arrivé d'Algérie en 1996, il a enchaîné les contrats d'intérim — le dernier en date, au poste de technicien de maintenance à l'Alstom, s'est achevé en décembre dernier. Ces six années passées en France, Ameur les a d'abord mises à profit pour parfaire son niveau de français. « À la fin de mon dernier contrat, on m'a proposé de rester, mais ça me démangeait d'essayer autre chose. L'époque est favorable, et ce stage va me donner une bonne impulsion », explique-t-il encore. Autre chose, ou plus précisément une société d'import-export entre la France et le Maghreb. Le nom est déjà trouvé : ce sera CEA, pour « Commerce Europe Afrique ». Tout un programme.
Belinda Wieder (à gauche) et Jackie Consolini, de la Chambre de métiers. « Notre rôle, précise cette dernière, n'est pas de pousser les stagiaires à créer une entreprise pour créer. »
La Chambre de métiers, qui organise ce stage long à un rythme annuel, accepte chaque fois entre 10 et 15 stagiaires.
Karine, de Lachapelle- sous-Rougemont, souhaite créer une société civile immobilière, afin de rénover des bâtiments anciens, dans le but de louer.
Photos Emmanuel Delahaye











