C'est officiel depuis la semaine dernière : Claude Girard, le président (RPR) du conseil général du Doubs sera candidat, aux élections législatives, dans la première circonscription du Doubs face au député socialiste sortant Jean-Louis Fousseret. Soutenu notamment par le président du conseil régional, Jean-François Humbert (UDF), Claude Girard est candidat à Besançon Ouest -qu'il brigue non pas au nom du RPR mais de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP). Sa candidature se substituera ainsi à celle de Françoise Branget (RPR), dans la course pour les législatives depuis la mi-janvier. Du coup, celle-ci n'est même plus assurée d'être éligible à la suppléance. « Je n'ai pas encore pensé à la suppléance, mais Françoise fait partie de ceux qui ont un ticket presque gagnant », balaie d'un revers de main Claude Girard.
Une candidature politique
« C'est parce que nos électeurs ont perdu les repères, parce qu'il faut une candidature à forte notoriété pour éviter une triangulaire et ne pas donner la possibilité à l'extrême droite de jouer les arbitres ; c'est parce qu'il faut donner au président de la République une majorité et éviter une nouvelle cohabitation que je me suis porté candidat », explique Claude Girard. Autant de raisons qui font dire au candidat de l'UMP que sa « décision est politique qu'elle ne relève d'aucun esprit de revanche ». « Être député, c'est voter des lois, agir sur les grands dossiers, mais être parlementaire, c'est aussi aider le territoire qu'on représente à recevoir la manne nationale », ajoute sans détour le candidat de l'UMP. L'occasion pour Claude Girard de rappeler les grands chantiers en panne de financement tels que le contournement de Besançon qui accuse une insuffisance de crédits de 38 ME, la maison de retraite d'Avanne qui nécessite un investissement urgent de 24,4 ME ou encore le programme Saône-Rhin « tombé dans le Doubs » selon l'expression de Claude Girard. Le président du conseil général du Doubs a-t-il une chance de battre la député maire de Besançon, tenant du titre ? Au vu de la volatilité et de la recomposition de l'électorat, la réponse à cette question relève du pari hasardeux. Seul le résultat du premier tour de l'élection présidentielle peut donner une indication approximative, tant il est vrai que le vote protestataire ne se reportera pas de la même manière que pour les deux suffrages. Le 21 avril dernier, dans cette circonscription, seuls 15,77 % des suffrages se sont portés sur la candidature de Lionel Jospin, contre 16,43 % pour Jacques Chirac et 17,48 % pour Jean-Marie Le Pen. Au total, l'extrême droite a obtenu 19,18 % des suffrages, contre 11,75 % pour l'extrême gauche. Mais il faut se garder d'en tirer des conclusions hâtives. Dans cette circonscription, le candidat du Pôle républicain, Jean-Pierre Chevènement, et le Vert Noël Mamère avaient respectivement réalisé les scores de 9,08 % et de 5,21 %. L'éventuel report des voix de leur électorat pourrait jouer un rôle déterminant. En cas de victoire, Claude Girard abandonnerait son mandat de conseiller régional.
Claude Girard sera candidat dans la première circonscription du Doubs, avec l'étiquette de l'UMP et le soutien du sénateur maire de Montbéliard, Louis Souvet (à gauche), qui a obtenu l'investiture de son premier adjoint, Marcel Bonnot (UDF) dans la troisième circonscription.
Alain Roy











