En automobile, grossir est une vertu. Faire plus que son segment un atout. Bref, la nouvelle Polo de Volkswagen n'a plus rien d'une fourmi.
L'HOMME ne cesse de grandir, la voiture aussi. Peut-être même qu'ils se sont donné le mot. Prenez la nouvelle Polo, mais elle n'est pas la seule. Ex-petite de chez Volkswagen, on l'appelait la Fourmi vers la fin des années soixante-dix, voilà qu'elle arrive en quatrième génération, aussi grosse qu'une Golf d'il y a peu. 3,90 m de long, 15 cm de plus que la précédente, rien moins. Pour plus d'espace vital, justifie le constructeur, et c'est vrai. Devant, derrière, en largeur, en hauteur, dans le coffre, l'auto est mieux-disante et rejoint les meilleurs standards de la catégorie, ceux, par exemple, de la Skoda Fabia dont elle reprend la plate-forme. Plus courtes, une 206 ou une Clio sont moins généreuses. Pas forcément moins bien équipées, mais assez sensiblement moins chères puisque la gamme Polo démarre à un peu moins de 11 000 euros (70 500 F) pour culminer sans vergogne à tout près de 21 000 euros (138 000 F) avec la version TDI 100 Carat. Sauf à rêver de cuir, on oubliera cette finition hors de prix, le niveau Confort, 20 000 F moins cher, n'ayant rien à se reprocher avec climatisation semi-automatique, quadruple airbag, radio… et 16 rangements répartis dans l'habitacle. Pourquoi pas 17 ? La version Polo de base propose l'essentiel et peut s'offrir, même avec la motorisation diesel de base, une climatisation semi-automatique pour pas cher, 2000 F. Notons tout de même qu'une Skoda Fabia TDI 100 Elegance, le top modèle de la gamme, n'est facturée « que » 17 000 euros tout comme une 206 HDI XT Premium… A défaut de justifier son prix par son esthétique, somme toute banale, par son aménagement intérieur ou son équipement — très chère, une Audi A2 offre au moins l'exclusivité d'une structure tout alu — la Polo peut arguer de mécaniques très intéressantes. Ainsi le nouveau trois cylindres essence 1.2 de 65 ch (4 CV) — une version six soupapes de 55 ch va suivre — est très agréable à vivre, vif, sobre (autour de 6,5 litres/100 en usage mixte) et joliment mélodieux. Le traditionnel 4 cylindres 1.4 de 75 ch (5 CV) n'a pas grand-chose à lui opposer, sinon la possibilité de profiter d'une boîte automatique, et l'on attendra le 1400 à injection directe FSI de 85 ch — promis aussi sobre que performant — et le déjà connu 1.4 seize soupapes de 100 ch pour éprouver d'autres sensations. Une version GTI de 125 ch ou plus ne devrait pas tarder non plus. Côté diesel, que du connu : le quatre cylindres atmosphérique SDI 1.9 de 64 ch (4 CV), le trois cylindres turbo 1.4 TDI de 75 ch (4 CV) et le bouillant quatre cylindres 1.9 TDI 100 (6 CV). Le bon choix. Probablement le deuxième. La meilleure Polo ? Sans doute une version 5 portes TDI 75 Confort à 15 760 euros.
Toutes ces mécaniques, généralement assez « coupleuses », sont assez bien valorisées par le châssis et les nouveaux trains roulants. L'auto tient par terre, enroule les virages avec détermination et adresse et surclasse aisément l'ancienne version.
Reste cet amortissement molasson et une souplesse générale favorisant les mouvements de caisse, une faiblesse récurrente sur les produits du groupe VAG à l'exception, peut-être, des Seat. Il sera du reste intéressant de voir ce que les Espagnols vont faire de la plate-forme avec la nouvelle Ibiza…
Les amateurs d'ambiance allemande apprécieront l'évolution
Bref, la Polo n'a rien de vraiment pétillant sur la route mais les amateurs de confort bourgeois apprécieront cette sérénité BCBG. Electrique, la direction reste néanmoins assez précise et informative tandis que le freinage (ABS de série, amplificateur en option) fait son boulot. Curieusement, la monte pneumatique ne dépasse pas le 14 en série, même sur les versions les plus agressives : du 15 eût été mieux, pour la motricité notamment mais aussi pour le look. On se précipitera sur le catalogue des options (du 16 est disponible) voire plus sûrement chez l'accessoiriste du coin… Au bilan ? 13/20. Sans génie, plutôt besogneusement, la Polo reste dans le droit fil de la génération précédente et propose un package globalement homogène et de qualité. On pourra apprécier la jolie proue façon Lupo, le côté cossu de la version 5 portes (qui inaugure une troisième vitre latérale) et la présentation intérieure dans la plus pure tradition de la marque. Mais le principal bonus de cette quatrième génération, outre son habitabilité et des prix quasi maintenus, porte sur des qualités dynamiques très nettement améliorées. Confiant dans son produit et son image, VW France espère immatriculer 60 000 Polo en année pleine.
Déjà fabriquée à plus de 7 millions d'exemplaires depuis 1975, la Polo a sa clientèle. D'où la volonté, pour cette 4e génération, de peaufiner le style de la précédente plus que d'innover. La proue évoque irrésistiblement la Lupo, la poupe… la Golf.
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