Pas de levier de vitesses, de frein à main, de l'électronique et de l'informatique partout : la nouvelle série 7 de BMW augure de lendemains automobiles déconcertants. Au début.
CE N'EST PAS l'objet-fusée intergalactique imaginé par les futurologues dans les années cinquante, mais tout de même : en ce troisième millénaire naissant, l'automobile est de moins en moins mécanique, de plus en plus informatique. Intelligente peut-être bien, si tant est qu'un ordinateur mérite ce qualificatif. BMW, du reste, en doute : sur sa nouvelle série 7, le contrôle-commande dynamique reste classiquement assuré par le conducteur, évidemment assisté par force puces savantes, l'informatique prenant en charge la seule qualité de vie à bord et le dialogue avec l'environnement, via internet notamment. Et encore, de vulgaires petits boutons posés en secours sur la planche de bord permettent de gérer la radio et la climatisation comme il y a vingt ans. Bref, la voiture communicante existe bel et bien mais c'est l'homme qui demeure, pour l'instant, le patron. Jusqu'où aller dans la technologie pour ne pas complètement déresponsabiliser le conducteur ? La question reste posée chez tous les constructeurs, coincés entre leur volonté de sécuriser au maximum la conduite et de préserver un (relatif) plaisir de conduire et convaincus, pour l'instant encore, de la nécessité pour les nouvelles technologies de pallier les faiblesses de l'homme au volant et non de se substituer à lui. La prolifération des équipements communicants interpelle du reste le législateur, déjà passablement échaudé par l'usage du téléphone portable au volant : si elle veut dialoguer avec le conducteur, la voiture va devoir sérieusement soigner l'ergonomie de son poste de conduite. Trop d'écrans de visualisation se baladent encore au gré des designers, quand ils n'ont pas été greffés après coup, et les consulter oblige à quitter la route des yeux, au détriment de la sécurité bien sûr.
En lieu et place du levier de vitesses, une souris rondouillarde et pilote...
La solution existe, depuis longtemps mise en pratique dans l'aviation : la lecture tête haute d'informations « incrustées » dans le pare-brise dans le champ de vision du conducteur. La BMW série 7 n'en est pas encore là. Et si ce n'était cette souris rondouillarde posée en lieu et place du levier de vitesses (émigré sous le volant, comme sur la DS !), l'habitacle ferait encore très vingtième siècle. Juste un indice : d'ordinaire pullulant sur un haut de gamme, boutons, commutateurs et autres commodos sont ici étonnamment discrets. C'en est même perturbant à force de dépouillement. La faute à la souris et au système iDrive. Principe de base ? Celui de l'ordinateur. Un gros bouton-souris permet d'accéder à quelque 700 fonctions visualisées sur un écran de contrôle 16/9 couleur posé sur la planche de bord. Activable grâce à une touche sur le volant, un dispositif de saisie vocale sera bientôt proposé. Organisés en rose des vents, huit groupes fonctionnels (communication, navigation, divertissement, climatisation, données de bord, aide, configuration et BMW Assist) sont accessibles via la souris. Du lecteur de CD (DVD bientôt) au téléphone (fourni en série) en passant par la navigation satellite, la climatisation, l'ordinateur de bord ou la télévision, tout est pilotable sans difficulté, à l'arrêt ou en roulant (par le passager !). Surtout, le système BMW Assist, permet d'accéder à toutes sortes d'informations pratiques et, notamment, au service d'assistance du constructeur en cas de panne. Tout ça est fort complexe mais pas davantage qu'un ordinateur de bureau. Est-ce utile ? C'est autre chose. Mais on douta aussi de la navigation satellite (inaugurée en 1994 par BMW sur... la série 7)... Cette automobile, dont l'esthétique avant-gardiste (pour BMW) fait jaser, est décidément pleine d'attentions. Qu'elle fait payer autour de 80 000 E (500 000 F), pas beaucoup plus que l'ancienne version. Il est vrai que ce n'est pas l'électronique qui coûte le plus cher et une technologie comme le drive by wire permet de remplacer les circuits hydrauliques et liaisons mécaniques traditionnels et coûteux par de simples liaisons électrifiées au moins aussi fiables et sûres mais plus légères. Une souris et des ohms, la grande BMW est décidément très branchée...
Annonçant le style des futures BMW, le physique heurté de la série 7 ne fait pas l'unanimité. On s'y fera très vite...
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L'écran 16/9 est relativement bien positionné, presque dans le champ de vision du conducteur. On devine la souris métallique posée sur la console centrale.
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