En ce début de Kippour, Yitzhak Eldan, représentant d'Israël auprès du Conseil de l'Europe, confirme la proximité des méthodes.
Yitzhak Eldan, après avoir été ambassadeur d'Israël au Danemark, vous êtes, depuis cette année, délégué permanent de votre pays auprès de l'UNESCO à Paris et chargé des relations avec le Conseil de l'Europe à Strasbourg. Quel est pour vous l'intérêt du Conseil de l'Europe ?
Nous attribuons une grande importance au Conseil de l'Europe. Israël est observateur à Strasbourg depuis les années cinquante, c'est-à-dire bien avant les Etats-Unis, le Canada ou le Japon. C'est dire l'importance que nous accordons à cette organisation. Avant ma nomination ici, j'ai eu la joie d'accompagner Walter Schwimmer, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, à la mi-juillet lors de son voyage officiel en Israël et chez les Palestiniens. Nous sommes à Strasbourg pour suivre les travaux de l'Assemblée parlementaire mais aussi pour les questions de collaboration dans les domaines de la science, la culture etc. mais aussi pour participer au débat sur le terrorisme, puisque cette session est placée sous le signe du combat contre le terrorisme. J'admire la façon dont cette organisation fait face à la nouvelle réalité en mettant au centre de ses débats la question du terrorisme. C'est un bon exemple pour d'autres organisations, en particulier l'UNESCO. Je ne sais pas comment cela va se passer à l'UNESCO mais j'espère qu'elle va suivre l'exemple de Strasbourg.
Que pouvez vous attendre, à part des paroles et une résolution sur le papier, d'un débat à Strasbourg ?
Il y a des paroles qui tuent et d'autres qui apportent des remèdes. Quand il y a des paroles, il y a aussi des dents et des moyens efficaces pour faire avancer les choses. Se taire face à ce qui vient de se passer serait la pire des choses. Dire ce que l'on pense vigoureusement et parler un langage vrai est important. Je préfére ce langage et ne pas tourner autour du pot.
Parler un language de vérité, est-ce celui de M. Sharon quand il déclare « Yasser Arafat est mon Ben Laden à moi » ?
Non. Il voulait dire par là que les méthodes soutenues par M. Arafat et l'OLP à l'égard des terroristes suicidaires, en concertation avec le Hamas et le Jihad islamiste, qui envoient des terroristes se suicider en tuant des enfants, sont une méthode à la Ben Laden, à l'échelon israélien. Cela ne veut pas du tout dire que M. Arafat a aidé Ben Laden. Je parle des méthodes qui sont les mêmes. C'est le terrorisme palestinien qui a donné des leçons au terrorisme international. Par exemple, comment détourner un avion dès les années soixante. Les méthodes sont comparables. Ce qu'a fait Ben Laden, s'attaquer à des innocents de toute religion, est la même chose que ce qu'ont fait des terroristes palestiniens en s'attaquant à une pizzeria à Jérusalem. Savaient-ils si il y avait, ou non des consommateurs palestiniens ? Non, ils tuent n'importe qui, ce qui est un crime aussi impardonnable que ceux de Ben Laden et ses terroristes.
Photo archives du Conseil de l'Europe.











