Delta, la troisième compagnie aérienne américaine, va réduire le nombre de ses vols de 15 % et supprimer 13 000 emplois d'ici la fin de l'année. Au total, les six principales compagnies aériennes aux États-Unis ont annoncé la suppression de quelque 83 000 emplois au cours des prochains mois pour faire face à la baisse du trafic et des pertes de revenus provoquées par l'impact des attentats. Air Canada, qui va réduire de 20 % ses activités, clouant au sol 84 avions, a annoncé la suppression de 9000 postes. Le constructeur aéronautique canadien Bombardier va supprimer quant à lui 3800 emplois au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne avant la fin de l'année, et en supprimera 2700 de plus dans les mois suivants si le marché ne se redresse pas. Avec le coup de frein donné au trafic aérien depuis le 11 septembre, Bombardier prévoit désormais une hausse de 15 % de son bénéfice par action alors qu'il tablait auparavant sur une croissance de 30 à 40 %.
Conjoncture critique
Pour Kenneth Rogoff, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), il y a « de bonnes raisons de garder un optimisme prudent » sur les perspectives de l'économie mondiale, malgré son actuel ralentissement. Le FMI prévoit que la croissance ne devrait pas dépasser 2,6 % en 2001 avant de rebondir à 3,5 % en 2002. « Le ralentissement de l'activité économique mondiale intervient dans une conjoncture critique à de nombreux égards », a déclaré devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Donald Johnston, secrétaire général de l'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économique). Estimant « prématuré de vouloir tirer des conclusions définitives » quant aux impacts économiques des attentats, il a reconnu que « les impacts sont sensibles dans le monde entier » et qu'ils pourraient « sérieusement affecter la croissance au cours des prochains trimestres ». Dans un discours prononcé devant la chambre des députés à Berlin, le chancelier Schröder a conjuré ses concitoyens de défier les terroristes en gardant confiance dans la force de l'économie mondiale. Après deux séances de hausse, les bourses américaines ont une nouvelle fois viré au rouge hier.











