Soumis aux pressions conjuguées des États-Unis et de l'Europe, le président palestinien, Yasser Arafat, et le chef de la diplomatie israélienne, Shimon Peres, ont conclu hier un accord visant à consolider la fragile trêve en vigueur depuis neuf jours.
L'ACCORD entre Yasser Arafat et Shimon Peres mis au point hier lors d'une rencontre à l'aéroport de Gaza constitue la première étape d'un processus destiné à mettre fin aux violences qui ont fait plus de 800 morts depuis le déclenchement de l'Intifada, il y a un an presque jour pour jour, et à reprendre les négociations. Le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer a estimé que « la rencontre et l'accord constituent un premier pas important vers la restauration de la confiance et un changement de la situation sur le terrain ». Un porte-parole de l'émissaire européen au Proche-Orient, Miguel Angel Moratinos, a lui dressé un premier bilan « positif » de l'entrevue. Le président américain George W. Bush tenait à cette rencontre car il espère qu'une reprise des négociations israélo-palestiniennes pourra l'aider à convaincre les pays arabes modérés de se joindre à la coalition antiterroriste qu'il tente de mettre sur pied après les attentats du 11 septembre.
Reprise de la coopération
Le principal résultat de cette rencontre est la décision des deux parties de reprendre leur coopération en matière de sécurité, condition vitale au maintien du cessez-le-feu proclamé le 18 septembre. La haute commission de sécurité regroupant responsables israéliens et palestiniens se réunira demain matin en présence de membres de la CIA américaine. « La réunion de cette commission vendredi marquera le coup d'envoi de la période de 48 heures qui feront partie de la semaine de calme total censé intervenir selon le scénario prévu par les plans Tenet Mitchell », a indiqué à l'AFP un responsable israélien qui a requis l'anonymat. Selon le communiqué final publié à l'issue de leur entretien, Shimon Peres et Yasser Arafat ont en outre décidé de créer une commission conjointe chargée d'« examiner toutes les questions susceptibles de se poser pour l'application des accords » entre les deux parties et de constater si le calme est bien respecté. Le plan Tenet, du nom du chef de la CIA George Tenet, vise à instaurer un cessez-le-feu mais il est resté lettre morte depuis sa présentation, le 13 juin. Le rapport George Mitchell, du nom d'un ancien sénateur américain, vise à ramener par étapes Israéliens et Palestiniens à reprendre les négociations pour mettre fin à leur conflit. Ce rapport pose comme condition préalable un cessez-le-feu total suivi d'une période d'accalmie de quatre semaines, à l'issue desquelles des mesures destinées à rétablir la confiance doivent être prises comme le gel total par Israël de la colonisation dans les territoires palestiniens.
Lever le bouclage des territoires
Le communiqué commun précise également que « le gouvernement israélien commencera à lever le bouclage (NDLR : des territoires palestiniens) et à redéployer ses forces » et indique que MM. Arafat et Peres se retrouveront dans « environ une semaine » pour suivre l'application des décisions prises hier. Shimon Peres a en outre soumis au président Arafat une liste de 108 activistes ayant perpétré ou organisé des attentats anti-israéliens, qui devraient, selon lui, être arrêtés. L'urgence de ces entretiens a été soulignée de manière tragique par de nouveaux incidents qui ont fait un mort (un Palestinien de 16 ans) et 18 blessés (15 Palestiniens et trois soldats israéliens) hier matin dans ce même secteur de Rafah, à quelques kilomètres seulement de l'aéroport où se tenait la rencontre.
Yasser Arafat et Shimon Peres, hier matin à l'aéroport de Gaza : un nouveau rendez-vous est prévu la semaine prochaine.
AFP











