Les enseignants sont plus stressés que la moyenne des Français mais ne sont pas plus dépressifs.
LA FRÉQUENCE des maladies mentales n'est pas plus importante chez les enseignants que dans les autres catégories socio-professionnelles, même s'ils constituent une population à risque, et se plaignent beaucoup du stress », a relevé le docteur Vivianne Kovess, hier en présentant l'enquête épidémiologique sur la santé des mutualistes de la MGEN, qu'elle a pilotée pour le compte de la mutuelle. Cette enquête est une sorte de baromètre de santé des professions enseignantes ou para-enseignantes, qui a été réalisée à partir de 6500 réponses de mutualistes de la MGEN dont 4048 enseignants, en 1999-2000. Signe du mal-être enseignant, dénoncé par les syndicats du secteur, l'enquête montre que les mutualistes de la MGEN consomment plus de psychotropes que le reste de la population, qu'il s'agisse de somnifères, d'anxiolytiques ou d'antidépresseurs. D'après Mme Kovess, « c'est uniquement parce que le recours aux soins et aux psychothérapies — bonnes pratiques recommandées — est plus normal et plus facile chez les enseignants qui consultent plus spontanément que d'autres catégories de la population ». Pour caractériser le stress, l'enquête montre que les profs, surtout en début de carrière, craignent surtout la fatigue, la tension, les conflits et les agressions verbales ou physiques. Par ailleurs, ils souffrent, également plus que les autres, de troubles physiques liés au stress comme les allergies, les insomnies, les migraines, les bronchites ou les problèmes dermatologiques.
Fatigue, tension, conflits
Les sources de stress sont différentes selon le lieu de travail : en maternelle et au primaire, les enseignants redoutent surtout les rapports avec leurs supérieurs, avec les parents d'élèves et la surveillance des cantines, tandis que dans le secondaire, c'est surtout la discipline et la surveillance de la cour qui est citée comme « inconvénient redouté ». Au chapitre des affections physiques, les enseignants se comportent à peu près comme le reste de la population, sauf pour les troubles ORL, très fréquents chez les enseignants de maternelle, qui vivent « dans un bouillon de culture » en attrapant les maladies des enfants. L'étude en confirme une idée reçue, sur l'absentéisme. Il y a des « différences considérables » entre les enseignants et les non enseignants sur ce sujet, a déclaré le docteur Kovess. Au cours des douze derniers mois précédant l'enquête, 32,6 % des répondants de l'enquête ont eu un arrêt de travail. Ce chiffre se décompose entre 43,6 % des enseignants de collège, 42,4 % de maternelle, et 33,2 % de primaire, contre 6,4 % des artisans commerçants, 19 % des « professions intermédiaires » et 16,8 % des enseignants du supérieur.











