Depuis le début du mois, l'Atelier du Rhin « dispose » d'un troisième comédien permanent : Pierre Guillois (les deux autres étant toujours Catriona Morrison et Patrice Verdeil). Ce Breton de 31 ans (né en mai 1968…) sera plus particulièrement chargé de la mise en place de l'opération dans le quartier ouest (voir ci-contre). Guy Benisty, le responsable du projet, dit de lui : « Pierre est un artiste, un metteur en scène et un auteur. Il ne vient pas enseigner le théâtre. Il ne connaît rien aux quartiers. Mais c'est quelqu'un qui a le désir de raconter des histoires. C'est ce qui est intéressant ». L'intéressé ajoute : « L'objectif est de travailler avec des amateurs, avec toutes les communautés. Pour moi, c'est encore abstrait ce domaine où l'art ne peut être séparé du social ». Pierre Guillois reprendra aussi les ateliers pour adolescents et ceux pour adultes dont s'occupaient jusqu'alors Catriona et Patrice : « Ils étaient amoureux d'eux, alors ils vont me détester ! », s'amuse-t-il. Plus sérieusement, il se déclare « très, très excité par ces ateliers : plutôt que de monter un grand projet à la fin de l'année, on va mettre en place de petites interventions dans des lieux publics, ouverts ou fermés, tous les deux mois ». Ce qui pour le comédien, n'enlève rien au sérieux de la chose. Le Breton va également intervenir avec des terminales de l'option théâtre, de janvier à mai, sur Georges Dandin. Son parcours artistique démarre il y a dix ans quand il monte à Paris après une formation au conservatoire de Rennes, des stages à Caen ou Angers. Il commence par déambuler dans « l'underground ». « J'étais plutôt comédien, mais j'avais des velléités de mise en scène. Une comédienne, Elsa Bouchan, m'a proposé de monter "La princesse Madeleine" de Witckiewicz. Cela a donné un spectacle de rue. J'estime que ce sont mes débuts dans le professionnalisme car on avait un grand souci d'exigence. L'underground a continué avec un peu la galère, mais une énorme joie et beaucoup de travail. En 1995, après "La fête" que j'avais écrite, j'ai voulu en finir avec cette marginalité ». En 1998, Il créait Pelléas et Mélisande de Maeterlinck à Montbéliard et au Maillon. Spectacle donné la saison dernière à La Manufacture.











