L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a entamé, hier, un débat-marathon qui ne s'achèvera que ce matin sur « les démocraties face au terrorisme », après les attentats survenus aux États-Unis le 11 septembre dernier. Si le texte qui sera adopté aujourd'hui est sans surprise - les Européens sont appelés à « rester fermement unis contre tous les actes de terrorisme » et à « concentrer leurs efforts sur l'amélioration de la coopération judiciaire et policière » - le débat-fleuve qui a débuté hier a permis de constater une relative vision commune des Européens sur la réponse à apporter au terrorisme. Pas moins de 88 orateurs - un record pour une assemblée qui compte 301 membres - s'étaient inscrits pour prendre la parole. La plupart des intervenants, par-delà la compassion pour les victimes et la solidarité avec les États-Unis en cette période de deuil, ont mis l'accent sur la nécessité de rechercher et de lutter contre les causes du terrorisme que sont l'injustice, la pauvreté et les régimes non démocratiques.
« Le défi humanitaire est de première importance »
« Nous devons résister au nom de nos valeurs que sont la justice, la démocratie et l'État de droit », a ainsi déclaré lord Judd. « Les pauvres ont peu à perdre. Face à notre image d'opulence vue à la télévision, ils n'ont que l'expérience de la tyrannie et des privations. (…) Les pays riches veulent gérer le monde pour leur seul intérêt. Cela n'apportera aucune stabilité. Si nous voulons défendre nos valeurs, nous devons reconnaître que le défi humanitaire est de première importance », a ajouté le travailliste britannique. Une idée reprise en écho par un parlementaire de droite, également britannique, le conservateur David Atkinson, pour qui « en voulant être plus durs contre le terrorisme, nous devons être plus durs contre ses causes » et venir en aide « à ceux qui ont perdu tout espoir au point d'estimer que le martyre est leur seule issue ». Ce qui implique que disparaisse « le terreau qui permet l'existence du terrorisme ». Plus de justice politique, démocratique, économique. « La justice n'est pas uniquement pour les riches », résume le Finlandais Jaakko Laakso, alors que pour le démocrate-chrétien néerlandais René van der Linden, « prévenir vaut mieux que guérir, la sécurité ne peut être fondée que sur la justice ».











