Les deux Prix Nobel de la paix devraient tenter aujourd'hui de rétablir un dialogue israélo-palestinien pour parvenir à un cessez-le-feu. Une rencontre pleine d'incertitudes.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, doit enfin rencontrer le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et ce devrait être ce mercredi, à Gaza. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon lui-même l'aurait annoncé à son homologue britannique Tony Blair. Downing Street a répandu la nouvelle, après une conversation téléphonique entre les deux chefs de gouvernement. La probabilité de la rencontre a été renforcée par l'annulation de la visite que Yasser Arafat devait faire hier en Syrie. Au lieu d'aller à Damas, il s'est rendu à Gaza en début d'après-midi, venant de la capitale jordanienne Amman. La rencontre Arafat-Peres est jugée cruciale par les États-Unis, qui en attendent une reprise des négociations bilatérales, qui les aiderait aussi à convaincre les pays arabes modérés de se joindre à leur coalition antiterroriste. La rencontre devrait avoir lieu sur l'aéroport de Gaza.
Incursion de chars
Un incident peut faire rater le rendez-vous. Hier soir, un échange de tirs a provoqué une brève incursion de trois chars israéliens dans la bande de Gaza. En outre, un engin explosif a été désamorcé près de la colonie juive de Mevo Dotan, en Cisjordanie. Par ailleurs, le gouvernement israélien est très nerveux sur le plan diplomatique. Il a réagi violemment, hier, à des propos du secrétaire britannique au Foreign Office, Jack Straw, quelques jours après une controverse similaire avec la France. Les Israéliens accusent depuis longtemps l'Europe de mollesse face au terrorisme et de partialité en faveur des Palestiniens. La publication dans un journal iranien de propos de Jack Straw, arrivé mardi en Israël en provenance de Téhéran, a failli transformer sa visite en fiasco total. Le chef de la diplomatie britannique a affirmé que « l'un des facteurs qui aident à fomenter le terrorisme est la colère que de nombreux peuples de la région éprouvent à cause des événements en Palestine depuis des années ». Les responsables israéliens ont vu rouge - aussi à cause de l'emploi du mot Palestine pour désigner la région, Israël inclus - et tour à tour, le Premier ministre Ariel Sharon et le président Moshé Katsav ont annulé leurs rendez-vous avec M. Straw. Il aura fallu une conversation téléphonique entre Tony Blair et Ariel Sharon pour que ce dernier accepte de recevoir M. Straw ce matin.
Entraves pour Védrine
M. Sharon a déclaré à M. Blair « qu'il n'y avait pas de distinction entre terrorisme et terrorisme et qu'un assassinat était un assassinat ». Lundi, il avait eu un incident analogue avec le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, à cause de propos de l'ambassadeur de France en Israël, Jacques Huntzinger. Celui-ci avait estimé qu'on « ne pouvait assimiler complètement » les attentats antiaméricains aux attentats palestiniens, en raison de l'existence du conflit israélo-palestinien. M. Védrine a été empêché par des policiers israéliens de pénétrer dans le salon d'un hôtel où il devait rencontrer des personnalités palestiniennes. Depuis le 11 septembre, les autorités israéliennes s'employaient à faire l'amalgame entre Arafat et ben Laden. Mais cette tentative a fait long feu, les États-Unis eux-mêmes l'ayant rejetée. En effet, il existe une possibilité de négociations entre les parties. Sans oublier qu'Israël est aussi combattu en tant que pays occupant, hors de ses frontières officielles.
Des habitants de Jérusalem ont manifesté hier contre la rencontre Peres-Arafat.
AFP











