À titre expérimental, deux lignes de bus ont été mises en place mardi et samedi à Sélestat et ses environs. Essai concluant qui pourrait pencher en faveur d'une extension du réseau.
Petit changement dans le quotidien des chauffeurs de bus du Transport intercommunal de Sélestat : deux nouvelles lignes ont été mises en place à titre expérimental dans le cadre de la Semaine des transports publics. Ainsi, mardi 18 septembre, la ligne B a relié de 7 h à 19 h les communes de Scherwiller, Sélestat, Muttersholtz, Baldenheim et Mussig avec des cadences de 1 h 30. Hier, la ligne C a desservi Sélestat intra muros : un bus toutes les heures que les usagers ont emprunté gratuitement à l'instar de celui de la ligne B. Le TIS serait-il devenu philanthrope ? En réalité, cette opération initiée par la Communauté de communes a valeur de test. L'idée est de vérifier l'intérêt d'une éventuelle extension du réseau de transport urbain à l'ensemble du territoire. Selon Michel Brandt, le Monsieur transport de la Communauté de communes, « les gens semblent intéressés. La ligne B a moins bien marché que la ligne C. Mais si la première avait circulé un mercredi, on aurait capté les scolaires. Et puis l'information aurait pu être un peu mieux relayée ». Jean Pinchon, l'un des chauffeurs de la ligne desservant samedi les quartiers de la ville, confirme que « les premiers chiffres sont prometteurs. Beaucoup d'usagers nous ont demandé quand serait mise en place cette nouvelle ligne. Il y a une réelle demande ». L'essai semble donc concluant et, à priori, le potentiel de développement du réseau est prometteur d'autant plus que sur dix mois de fonctionnement, le TIS a enregistré une augmentation de 11% de ses recettes. Et cela malgré « l'absence d'abris et d'emplacements » réservés aux arrêts des véhicules…
« Réduire l'inégalité des habitants face au transport public »
Si deux lignes supplémentaires devaient être créées, elles concerneraient alors près de 32 000 habitants contre 15 000 actuellement. Précisons qu'elles se croiseraient toutes à la gare de Sélestat, « intermodalité » oblige… Pour Michel Brandt, « il faut aller jusqu'au bout du réseau. L'étendre à l'ensemble du territoire permettrait de réduire l'inégalité des habitants face au transport public ». Soit. Encore faut-il que les élus locaux en soient convaincus. Car offrir un réseau complet coûte cher. En l'occurrence, le coût d'exploitation serait de « 8,6 MF contre 2 MF aujourd'hui. Il faut les moyens pour réaliser un transport public attractif », affirme Michel Brandt convaincu de l'intérêt d'une extension. Les élus auront à se prononcer prochainement sur ce projet. Dans le cas d'une «décision positive de principe», l'étude se poursuivrait alors dans les détails pour déboucher sur le lancement d'un appel d'offres. Quant aux usagers, ils devront quand même patienter près d'un an avant de pouvoir circuler sur l'ensemble du territoire. Et en septembre 2002, les tickets seront cette fois-ci payants…
Jean Pinchon, chauffeur de la TIS conduisant un bus desservant Sélestat intra muros : « Il est clair qu'il y a une réelle demande des gens ».
Dominique Gutekunst











