Réunis en Belgique, les ministres des Finances de l'UE ont cherché à évaluer les conséquences des attentats aux États-Unis.
Après deux jours de discussion, les ministres des Finances de l'Union européenne, réunis à Liège, ont finalement dégagé hier un accord sur un système de garanties de crédit pour un mécanisme de réassurance des compagnies aériennes qui leur permettra de faire face à l'explosion de leurs primes de risque à la suite des attentats. Le système sera mis en place pour un mois renouvelable et dans un cadre coordonné au sein de l'UE. « Nous sommes dans un cas de force majeure. Avec ce mécanisme, l'État permet que l'augmentation des primes d'assurances soit couverte », a expliqué le ministre français de l'Économie et des Finances, Laurent Fabius. « C'est une mesure de solidarité destinée à faire face à une situation d'urgence ». Les ministres ont également demandé un « rapport précis » sur les enquêtes sur des possibles délits d'initiés avant les attentats qui ont frappé les États-Unis le 11 septembre. C'est au comité des superviseurs boursiers européens, mis en place il y a quelques jours, que les grands argentiers européens ont demandé de préparer ce rapport « sur les enquêtes lancées dans les différents États membres ces derniers jours à propos d'éventuels délits d'initiés autour des événements terroristes », a expliqué le ministre belge des Finances, M. Reynders, qui présidait cette réunion informelle. Ce rapport devra être présenté le 16 octobre lors de la réunion commune des ministres européens des Finances, de la Justice et de l'Intérieur. Le ministre belge a rappelé que ce type d'enquêtes relevait des autorités nationales de surveillance des marchés financiers.
La taxe Tobin occultée
Par ailleurs, les ministres des Finances ont réitéré leur confiance dans la capacité de l'Union européenne à résister au choc venu des États-Unis après les événements tragiques du 11 septembre. Ainsi, Laurent Fabius a catégoriquement rejeté l'hypothèse d'une récession européenne. « Il ne faut pas décrire une situation qui n'existe pas », a-t-il affirmé lors d'un point presse. « En Europe, nous avons les éléments pour résister, surtout si nous avons une politique coordonnée ». En revanche, accaparés par les répercussions des attentats, les ministres ont à peine débattu de la mondialisation et d'une possible taxation des mouvements de capitaux. La Belgique, qui préside l'Union européenne jusqu'au 31 décembre, avait mis l'idée d'une taxation sur les mouvements spéculatifs, comme la « taxe Tobin » souhaitée par les mouvements antimondialisation, à l'ordre du jour de la réunion. Mais les responsables économiques européens se sont contenté de confier à la Commission européenne une étude « de faisabilité » sur les mouvements financiers spéculatifs dans le monde et la manière d'éviter qu'ils ne déstabilisent les marchés et les économies. De quoi irriter les mouvements antimondialisation, dont un millier de manifestants, représentant quelque 180 associations issues de 30 pays, ont défilé hier après-midi dans les rues de Liège. « Les attentats rendent nos propositions plus pertinentes. Plutôt que de bombarder l'Afghanistan, ce qui serait une catastrophe, il faut lutter contre la pauvreté et contre les mouvements incontrôlés des capitaux », a déclaré Arnaud Zacharie, président du mouvement Attac Liège, lors du « congrès européen citoyen » organisé en marge de la réunion des ministres des Finances. « Il est normal que la Commission examine les conséquences d'une nouvelle mesure aussi importante, mais nous n'avons aucune confiance dans les experts de la Commission. Il faut que la Commission soit encadrée d'experts indépendants », a déclaré Bernard Cassen, président d'Attac-France.











