Les voitures d'occasion qu'écoulaient six personnes dans le pays de Montbéliard étaient vraiment trop belles pour être honnêtes (notre édition du 8 août dernier). Travail dissimulé et tromperie sur la marchandise, le délibéré du tribunal correctionnel de Montbéliard vendredi a été sans équivoque. Une des personnes, utilisée comme intermédiaire dans le pays de Montbéliard, Mohamed Saghiri, percevait même un RMI. Le tribunal l'a condamné à une peine de prison de huit mois ferme, plus une amende de 50 000 F . Mohamed Baati, ancien employé Peugeot de Mulhouse, a écopé de six mois de prison ferme et 50 00 F d'amende. Présenté comme la tête de réseau, il allait souvent, accompagné d'un ou deux amis, faire ses emplettes sur les marchés de l'occasion en Allemagne.
450 000 km pour un Espace
Seulement voilà, les acquéreurs - même si certains n'ont rien trouvé à redire sur ces véhicules - ont été quelque peu surpris lors de révisions ou à l'occasion d'opérations de gros entretien de découvrir des kilométrages estimés par les garagistes, professionnels eux, au double voire au triple ou encore au quadruple de ceux affichés par les compteurs. Un Espace, acquis 80 000 F pour à peine 100 000 km, affichait en fait de l'ordre de 450 000 km! 205, 405 et même un 605 ont été écoulées dans ces conditions douteuses. Même si, à la barre de la bouche de leurs avocats ou seuls, chacun des prévenus a clamé son inoncence quant à la tromperie délibérée sur la marchandise. Seulement voilà, ce système s'apparente en France à un travail, à une activité professionnelle. Or chacun des prévenus n'était pas déclaré et ni ne déclarait des bénéfices. Les autres personnes impliquées dans l'affaire ont écopé de peine de prison avec sursis de huit à trois mois, plus des amendes comprises entre 20 et 30 000 F. Enfin, un professionnel de l'agglomération s'est vu frapper d'une interdiciton de négoce pendant cinq ans.











