Les ruines des bains romains, entièrement réaménagées, sont à nouveau accessibles au public. Depuis hier, une « fête romaine » accompagne cette réouverture.
FERMÉES au public depuis l'été 2000, les ruines des thermes romains de Badenweiler sont à nouveau accessibles depuis hier. Cette réouverture va de paire avec l'inauguration d'une nouvelle passerelle à travers l'intérieur des thermes et surtout du nouveau toit de protection qui, telle une coquille de verre et d'acier, recouvre la presque totalité du site, à l'exception des terrasses orientale et occidentale dont on n'est pas sûr qu'elles aient été couvertes à l'époque romaine. La construction de cette voûte transparente était accompagnée de nouvelles fouilles et de consolidations des murs et bassins, assurées par des archéologues de l'université de Freiburg, ainsi que de l'installation d'une très didactique exposition permanente consacrée au thermalisme à l'époque romaine. L'ensemble de ces réalisations à nécessité une enveloppe de 8 millions de DM (environ 30 MF).
Unique au nord des Alpes
Longs de 93 m et larges de 33 m, ces vestiges thermaux sont considérés comme les plus impressionnants au nord des Alpes. Ils auraient même pu l'être encore plus si, des siècles durant, le site n'avait pas servi de carrière, pour la construction, entre autres, du château-fort de Badenweiler. Redécouverts en 1784 sous le règne du margrave Karl Friedrich von Baden, ces restes architecturaux reçurent alors un premier toit de protection, emporté par une tempête en 1828. Le deuxième tint bon jusqu'en 1953, année où un troisième toit fut construit au-dessus des bains antiques. Conçu comme provisoire, il ne résistait guère aux intempéries. Il fut déposé l'an dernier pour être remplacé par celui inauguré aujourd'hui. Dès l'année de leur redécouverte, les ruines de Badenweiler furent l'objet d'intensives fouilles archéologiques. Si les objets mis au jour se comptent sur les doigts d'une main -une fibule, un camée, quelques pièces de monnaie et des cuillers-, les fouilles ont néanmoins permis de dresser le plan d'ensemble des anciens thermes, de dégager les différentes salles et installations techniques, comme les conduites d'eau en plomb ou le système de chauffage à air chaud, l'hypocauste.
Double symétrie
« La première construction date de 75 de notre ère, quand le fisc romain a fait ériger des bains publics à Aquae… De l'antique nom de Badenweiler, seule cette première partie nous est connue », explique Rudolf Gfell, guide du site. « Déjà à l'époque, les eaux thermales, chaudes de 26 °C, étaient reconnues pour leur vertu thérapeutique contre les maladies osseuses, articulaires, cardio-vasculaires et contre le stress. Les médecins y envoyaient des légionnaires stationnés dans des camps militaires voisins, mais aussi des civils. » Les bains publics étaient d'ailleurs ouverts à tous, même aux esclaves. « Les spécialistes parlent de sept phases de construction et d'agrandissement qui ont transformé les thermes des origines en cet ensemble unique dans l'empire romain. » En effet, les bains antiques de Badenweiler « ont la particularité d'avoir été construits sur un plan doublement symétrique : est-ouest et nord-sud ». Dans la moitié Est, on parcourt ainsi une terrasse, un vestibule flanqué d'un vestiaire et d'une salle de repos/massage, suivi dans l'axe par deux bassins à eau chaude. Au nord de cet ensemble, un bassin à eau froide, des salles d'air chaud et d'autres petites pièces dont l'utilisation n'a pas pu être déterminée. La moitié Ouest présente le même plan architectural. « Ces installations formaient le centre d'une bourgade dont on connaît un temple central, un petit sanctuaire gaulois, une construction adjacente aux thermes et une maison sur terrasses. Au total, on estime à quelque 10 hectares la surface de l'antique Badenweiler. » En 259-260 de notre ère, les invasions des Alamans ont mis un terme aux thermes. La population d'Aquae… s'est réfugiée sur la rive gauche du Rhin, entraînant un déclin de l'administration et des infrastructures romaines. A Badenweiler, cet abandon a dû se produire assez brusquement. Les Germains, non familiarisés à l'architecture en pierre et à l'utilisation de thermes, n'en tirèrent aucun profit et laissèrent s'effondrer le bâtiment, qui ne porte aucune trace d'une destruction volontaire.
DÉCOUVRIR Les ruines des termes romains se trouvent au coeur de Badenweiler, non loin des thermes Cassiopeia. Elles se visitent tous les jours de 10 h à 18 h, du 1er avril au 31 octobre, et de 10 h à 16 h, du 1er novembre au 31 mars. Visites guidées dimanche à 11 h 30, mardi et jeudi à 17 h. Renseignements auprès de Touristik Information, Ernst Eisenlohr Str. 4 à Badenweiler, tél. : 00 49 7632/799300.
Après la terrasse et un vestibule flanqué d'un vestiaire et d'une salle de repos/massage, un bassin, couvert par une voûte transparente, que l'on peut voir depuis une passerelle.
Daniel Schmitt











