Sept militants ou sympathisants islamistes présumés ont été interpellés hier matin en région parisienne dans le cadre d'une enquête portant sur des menaces terroristes contre des intérêts américains en France. Ce coup de filet est directement lié aux arrestations, la semaine dernière en Belgique et aux Pays-Bas, de militants islamistes soupçonnés de préparer un attentat contre un bâtiment diplomatique américain à Paris. En garde à vue, les sept hommes, ressortissants de France ou d'un pays du Maghreb, étaient sous surveillance depuis plusieurs semaines en raison de leur lien supposé avec la mouvance du milliardaire islamiste Oussama ben Laden. Ils ont été interpellés après l'arrestation fin juillet à Dubaï (Émirats arabes unis) d'un responsable islamiste présumé, Djamel, Beghal, un Franco-Algérien de 35 ans. Selon une source proche du dossier, le juge Bruguière était hier à Dubaï pour l'interroger. Beghal venait d'effectuer un séjour dans des camps en Afghanistan contrôlés par Ben Laden. C'est à partir des déclarations de Beghal que les autorités belges, néerlandaises puis françaises ont décidé d'arrêter ces suspects. Ce sont également ces déclarations qui ont provoqué l'ouverture, le 10 septembre, d'une information judiciaire concernant des menaces terroristes sur des intérêts américains en France. L'opération policière d'hier matin en région parisienne a été décidée dans l'urgence après la publication « intempestive et irresponsable », selon les mots d'un magistrat antiterroriste, jeudi dans un journal du soir, de l'arrestation à Dubaï de Djamel Beghal et de ses déclarations. Les enquêteurs craignaient que les personnes surveillées ne prennent la fuite, ce que s'apprêtait à faire l'un des suspects, interpellé à Bezons (Val d'Oise). Selon une source proche de l'enquête, ces informations de presse ont permis aux islamistes présumés de détruire des documents, dont des documents administratifs, des puces de téléphones portables, et de « nettoyer » des disques durs d'ordinateurs. Au moins une des personnes surveillées, habitant Corbeil-Essonnes, a échappé au coup de filet des policiers. Beghal aurait en effet été le seul point commun entre les différents groupes basés en Belgique, aux Pays-Bas et en France. La médiatisation de son arrestation aurait alerté ces suspects, qui n'avaient pourtant pas changé d'attitude après les arrestations au Bénélux.











