Les dirigeants des Quinze, réunis hier soir à Bruxelles, ont affirmé leur soutien à une riposte américaine et disent être prêts à y participer.
Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont jugé, hier soir à Bruxelles, qu'une riposte américaine aux attentats du 11 septembre était légitime et se sont dits prêts à s'impliquer, « chacun selon ses moyens », dans des actions militaires ciblées. « Sur la base de la résolution 1368 du Conseil de sécurité de l'ONU, une riposte américaine est légitime », a déclaré le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui présidait ce sommet européen extraordinaire. Les Quinze se sont engagés de façon très claire sur une éventuelle participation aux opérations militaires. Affirmant la « solidarité » et la « coopération » de l'Union européenne vis-à-vis des États-Unis, Guy Verhofstadt a déclaré : « chacun, selon ses moyens, est prêt à s'engager dans de telles actions ». Mais, a-t-il ajouté, « il faut qu'elles soient ciblées ». La déclaration « n'exprime pas seulement une solidarité verbale mais indique clairement que les États membres sont prêts à soutenir des actions militaires nécessaires », a expliqué le chancelier allemand Gerhard Schröder. Face à l'ampleur de la tragédie de New York et Washington, dans laquelle près de 7000 personnes ont perdu la vie, l'Union européenne s'engage ainsi de façon inédite dans un domaine qu'elle laissait jusqu'à présent à l'OTAN. L'Union comprend quatre pays neutres : la Finlande, l'Autriche, l'Irlande et la Suède. « L'UE n'est pas le forum pour cela », expliquait encore en début de soirée un diplomate européen, interrogé sur la nature du soutien que l'Union européenne, dans son ensemble, pouvait apporter aux États-Unis dans le domaine militaire.
Rejet de tout amalgame
Dans le registre de la solidarité avec les États-Unis, le président français Jacques Chirac a enfoncé le clou, en pointant le doigt sur le milliardaire saoudien Oussama ben Laden, accusé par Washington d'être l'instigateur des attentats. « Les Américains ont acquis une certitude sur le rôle de l'organisation dirigée par ben Laden. Nos propres services en France et dans l'Union européenne n'ont pas de certitude absolue mais tout converge vers la confirmation de cette idée », a dit Jacques Chirac. L'Union européenne a fait précéder cette déclaration très ferme d'assurances données aux pays musulmans. Elle « rejette solennellement tout amalgame entre les groupes de terroristes fanatiques et le monde arabe et musulman », a dit le Premier ministre belge. Il faut une « coalition globale aussi large que possible contre le terrorisme », ont estimé les Quinze. Une mission de haut niveau de l'UE, sa troïka ministérielle, ira expliquer la position européenne dans les pays du Proche-Orient. La présidence belge se chargera de l'exposer aux autorités américaines. Outre l'expression de solidarité avec les États-Unis, les Européens ont approuvé hier soir les grandes lignes d'un plan d'action contre le terrorisme. Ainsi, les dirigeants européens ont demandé à leurs ministres respectifs de « fixer d'urgence », au plus tard les 6 et 7 décembre, les modalités d'un mandat d'arrêt européen. Il permettra la remise directe des personnes recherchées d'un pays à l'autre et éliminera ainsi les lourdes procédures d'extradition. Le plan d'action prévoit aussi un resserrement de la sécurité dans les aéroports, et des mesures pour mettre fin au financement du terrorisme, par une lutte plus efficace contre les circuits de blanchiment d'argent. Il faudra sanctionner les territoires et les pays qui ne coopéreront pas avec les institutions internationales, ont dit les Quinze.











