Après avoir fait mine de remonter, la bourse américaine repartait hier à la baisse, craignant les conséquences économiques et financières de la guerre promise par George Bush.
LE SPECTRE de la guerre pesait hier sur les places boursières américaines, au lendemain de l'ultimatum lancé par le président Bush aux taliban pour qu'ils livrent Oussama ben Laden ou se préparent à des représailles. A la mi-journée, l'indice DJIA, principal baromètre de Wall Street, qui reflète les valeurs des 30 plus grosses sociétés américaines, perdait 1,97 % à 8211 points, soit un recul de 165 points. Le Standard and Poor's 500, qui regroupe un plus large éventail d'entreprises et qui est l'outil de mesure privilégié par les investisseurs professionnels, reculait de 2,46 % (-24 points) à 960 points. L'indice composite du Nasdaq, le thermomètre des valeurs de la nouvelle économie, était le plus touché avec une perte de 3,74 % (-55 points) à 1416 points à la même heure. Depuis les attentats du 11 septembre, le DJIA a perdu 15 % de sa valeur, le Nasdaq 17 % et le SP 500 12 %. Ils ont tous effacé en cinq séances les gains accumulés au cours des trois dernières années. « Les investisseurs se battront toute la journée », a indiqué Larry Wachtel, analyste de Prudential Financial. « Le marché est volatil, mais les courtiers se comportent de manière très professionnelle. Ils ont conscience qu'ils gèrent des millions de dollars », a-t-il ajouté.
Volatilité accrue
Mais la possibilité d'une guerre, avec ses conséquences économiques et financières, pesait sur le moral des intervenants, George W. Bush ayant déclaré jeudi soir aux Américains qu'ils ne doivent pas s'attendre « à une seule bataille, mais à une longue campagne sans précédent ». « C'est une journée d'émotions fortes », a indiqué Larry Wachtel, soulignant que des facteurs techniques « se superposent » à l'actualité politique. Il s'agit notamment des expirations trimestrielles de contrats sur les titres et les indices boursiers. Cet événement provoque toujours une volatilité accrue avec un gros volume d'échanges sur le marché, en raison notamment d'opérations en arbitrage. En effet, à l'exception du volume record de transactions observé à Wall Street lundi, jour de la réouverture du marché après une pause inédite de près d'une semaine, tous les autres volumes record enregistrés sur le New York Stock Exchange dans le passé l'ont été à l'occasion de ces expirations. Larry Wachtel s'attendait hier à un nouveau volume record. Plus d'un milliard d'actions avaient déjà été échangées à Wall Street et sur le Nasdaq, deux heures après l'ouverture, soit 30 à 40 % de plus que d'habitude. Dans le sillage de Wall Street, la Bourse de Paris a également plongé cette semaine. Le CAC 40 a perdu 6,5% pour s'établir hier à 3652,87 points, son plus bas niveau depuis novembre 1998. L'indice plonge ainsi de plus de 38,4% depuis le début de l'année. L'indice du Nouveau marché a reculé de 6,8% à 680,50 points, un niveau jamais atteint auparavant et bien en-dessous de son niveau de création de 1.000 points. L'indice perd 76,6% depuis le début de l'année.











