Une nouvelle vague de suppressions d'emplois et d'avertissements sur résultats est en train de déferler, que les entreprises justifient parfois un peu vite, selon certains économistes, par le seul impact à venir des attentats du 11 septembre. Derniers exemples en date : Northwest Airlines, quatrième compagnie aérienne américaine, qui a annoncé hier la suppression immédiate d'un quart de ses effectifs (10 000 emplois), l'américain General Electric et le français Rémy Cointreau (vins et spiritueux) qui ont revu le même jour leurs ambitions à la baisse. Partie du secteur aérien américain qui a annoncé la suppression de près de 110 000 emplois depuis la destruction du World Trade Center, l'onde se diffuse à l'Europe et aux autres secteurs de l'économie. L'équipementier de réseaux de télécommunications 3Com et le groupe d'imagerie américain Kodak ont justifié cette semaine par les conséquences des attentats leur intention de tailler dans les effectifs. La série noire ne semble pas terminée, la compagnie américaine Delta Air Lines envisageant de réduire ses activités de 15 à 20 % en même temps que ses effectifs.
Errements stratégiques
Plus modérés, les Chantiers de l'Atlantique (Alstom) de Saint-Nazaire ont décidé de geler provisoirement les embauches, par « mesure de précaution ». Hier, le groupe publicitaire français Havas Advertising a imputé l'échec de sa prise de contrôle de Tempus à l'aggravation de la crise sur son marché depuis le 11 septembre. Mais dans cette avalanche de mauvaises nouvelles, certains économistes soulignent qu'il est parfois difficile de faire la part entre les errements stratégiques des entreprises et des conséquences directes des attentats. « C'est vrai que les attentats vont avoir un impact, mais je trouve que les entreprises se défaussent un peu rapidement sur ce qui s'est passé », souligne Nordine Naam, chef économiste à la Caisse nationale des caisses d'Épargne. « On peut penser que certaines en profitent pour attribuer les restructurations aux attentats et cacher une mauvaise gestion », avance M. Naam. Le syndicat de pilotes d'Air France Alter a dénoncé mercredi la suspension d'embauches annoncée par la compagnie, la qualifiant de « décision prise sous couvert du contexte international », à la veille de l'ouverture de négociations sur les salaires. Le président d'Airbus Noël Forgeard s'est étonné des 25 000 licenciements annoncés par Boeing, jugeant « stupéfiante » la rapidité de la décision de son concurrent américain. Airbus s'est contenté de geler un projet de 3500 embauches.











