Estimant que les Sochaliens commençaient à se relâcher, Jean Fernandez a jugé utile de les mettre en garde avant la venue de Sedan. L'entraîneur doubiste ne veut rien laisser passer.
RENÉ LOBELLO presse le pas des Sochaliens qu'il conduit en salle de musculation pour les traditionnels étirements ponctuant une séance. Jean Fernandez, assis sur le banc de touche, accoudé à une petite table, le col de son manteau plus relevé que jamais, la casquette encore plus vissée sur la tête, semble en méditation. Le coach du FCSM a visiblement des soucis, son visage est grave et lorsque l'on sait qu'il avait convoqué ses joueurs pour une séance supplémentaire la veille, on imagine qu'il est passé des actes aux paroles hier matin. Qu'il a livré le fond de sa pensée à ses troupes.
Mentalité pro
« J'ai entraîné de nombreux clubs en France et à l'étranger, j'ai joué dans de nombreuses équipes, mais jamais je n'ai connu un groupe aussi professionnel que celui que je possède à Sochaux. Ces garçons-là ont vraiment la mentalité pro ». Symbole désigné de cet état d'esprit, Philippe Rasckhe : « C'est un exemple de professionnalisme sur et en dehors du terrain. Lui qui a fêté ses 34 ans hier (ndlr : mercredi) est sans doute le joueur de l'effectif qui a le plus de séances d'entraînement et de matches à son compte depuis deux ans ». Et c'est justement parce qu'il considère ce groupe hyperprofessionnel qu'il le juge réceptif à une utile mise en garde. Ce n'est pas tant la lourde défaite à Lens qui a provoqué son souci de dialoguer avec ses joueurs mais plutôt tout un lot de micro phénomènes que lui et son staff ont ressenti un peu avant le match contre Bordeaux. Ce que l'on appelle le relâchement. En regardant Sedan jouer l'Europe (tout comme Troyes, Lille ou Strasbourg), il sait que les nouvelles donnes en D1 ont rééquilibré les choses : « La D1 a changé. Regardez Lens. L'an dernier à pareille époque, les Lensois étaient déjà leaders avant de se retrouver dans le ventre mou. Et si Saint-Etienne n'avait pas été sanctionné, Lens aurait joué le maintien en fin de saison. C'est la preuve que tout peut aller très vite. Ce serait extraordinaire pour ce groupe sochalien de se retrouver européen mais il faut savoir que si l'Europe n'est pas loin, il faut rester attentifs car paradoxalement la D2 est aussi une menace ».
« Garder nos valeurs »
Alors, Jean Fernandez a recadré ses troupes hier lors d'une réunion qu'il avait déjà pensé mettre sur pied avant la venue de Bordeaux : « Il ne faut pas perdre les valeurs qui ont fait cette équipe depuis deux ans. Le talent est une chose mais il n'est rien sans travail et humilité. Après Bordeaux, j'ai senti qu'on avait un peu lâché : certains arrivaient un peu plus tard à l'entraînement, partaient plus vite, faisaient un peu moins attention aux soins. Et dans ce métier, il faut toujours savoir se remettre en question car nous sommes dans l'obligation d'être à 100 % de nos moyens. Mon rôle est de le leur répéter car personne ne nous fera de cadeaux. Le propre du compétiteur est de toujours vouloir faire plus, beaucoup plus. Une philosophie que l'on essaye d'inculquer aux jeunes lorsqu'ils rejoignent le groupe pro ». Sept journées se sont jouées et Jean Fernandez a donc déjà tiré la sonnette d'alarme. Pour que le FCSM ne gâche pas son bon début de saison et retrouve le souci du détail et du travail bien fait.
Jean Fernandez n'a pas attendu qu'il soit trop tard pour demander à ses joueurs de retrouver les valeurs qui les ont amenés au plus haut niveau.
Lionel Vadam











