La belle série de sept victoires remportées par la France sur les Pays-Bas en autant de rencontres depuis 1925 risque fort de prendre fin lors de la demi-finale du groupe mondial de la Coupe Davis de tennis, ce week-end à Rotterdam. La dernière de ces victoires ne date que de deux ans. Cédric Pioline avait alors terrassé pratiquement à lui seul les Pays-Bas (4-1) au premier tour, dans les arènes de Nîmes. Au terme d'une saison calamiteuse, Pioline n'est plus aujourd'hui que le triste fantôme du radieux gladiateur. Le N°1 néerlandais, Richard Krajicek, est pour sa part écarté des courts officiels par ses articulations défectueuses depuis bientôt un an. Reste que l'équipe de son pays n'est paradoxalement jamais allée aussi loin dans la compétition, sans lui et avec la moitié de la paire Paul Harrhuis-Jacco Eltingh, qui fut naguère la meilleure du monde en double. Raemon Sluiter, l'élément le plus déconcertant de cette équipe hétéroclite, est un Hollandais très brun et plutôt carré (1,82 m et 80 kg), qui frappe avec autant de vélocité qu'il se déplace. En Coupe Davis, sa solidité mentale à toute épreuve lui a permis de battre le surdoué Espagnol Juan Carlos Ferrero en cinq sets au premier tour. C'était là son baptême du feu. Qui plus est le premier match de la rencontre au cours de laquelle les Pays-Bas écrasèrent l'Espagne, tenante du trophée, 4-1, avant de récidiver face à l'Allemagne en quarts de finale. A Rotterdam, sa ville natale qu'il n'a pas quittée, Sluiter sera d'autant plus redoutable qu'il sera furieusement soutenu par les 8800 spectateurs du Sportpaleis Ahoy plein à craquer. Ce qui pourrait le conduire à mettre fin à la série des trois défaites qu'il a concédées de justesse à Arnaud Clément depuis 1998. A l'avantage psychologique de mener 3-0 face à Sluiter que comptera Clément lors d'un match d'ouverture déterminant, Nicolas Escudé ajoutera celui d'avoir gagné en février le tournoi de Rotterdam. En quarts de finale, les Français, vainqueurs des Belges 5-0 au premier tour, ont déjà battu les Suisses 3-2 à Neuchâtel sans Grosjean et en perdant le double. Les données sont cette fois-ci les mêmes. Car, on voit mal comment la paire française, formée de Fabrice Santoro et de Pioline, pourrait battre Harrhuis (35 ans) et Sjeng Schalken (25 ans), vainqueurs de trois tournois cette saison et encore récents demi-finalistes à l'US Open.











