Après avoir liquidé Magnin (6-0, 6-1), Nicolas Mahut a réservé le même sort à Julien Couly (6-1, 6-1), hier, en huitièmes de finale du Grand Prix Barrisol de tennis qui se dispute à l'Illberg.
POUR voir le Mahut, il faut se lever tôt… Ou du moins être à l'heure. Car « l'animal » ne traîne pas sur les courts de l'Illberg où il est train de se bâtir une bien belle légende. Avant-hier, c'est le champion d'Alsace, Arnaud Magnin qui a fait les frais de l'homme en forme. « Il s'en doutait bien, raconte Chantal, la sympathique secrétaire du TCI. Arnaud avait appelé dans l'après-midi pour connaître l'horaire de son match et son adversaire. En apprenant qu'il s'agissait de Nicolas Mahut, il est venu au dernier moment en disant : j'ai encore une leçon à donner à un p'tit jeune et ensuite c'est moi qui en prendrai une ! » Magnin avait vu juste et Julien Couly ne s'est pas fait plus d'illusions hier après-midi. En apparence, Mahut et Couly ont des points communs. Ne serait-ce que par leurs gabarits physiques, 1,90m sous la toise. Ensuite, les cent places d'écart au classement mondial (293 contre 396) donnent à penser que le match peut être ouvert. Sur le court, il n'en est rien. Julien Couly, un ex-espoir du rugby français, a pourtant de quoi faire le poids avec une frappe bien lourde et une forme athlétique qui lui permet de courir en fond de court. Mais, en face, Nicolas Mahut est insolent d'adresse. Sur chaque deuxième balle, il rentre sur le terrain et renvoie une frappe sèche, à plat, prise en hauteur. Dès les deux premiers jeux (40-15 et 40-15), il a fait le break (2-0). Julien Couly est contraint de prendre des risques au service pour éviter ces retours impossibles à reprendre. A 4-0, il cogite et ne parvient pas à concrétiser une balle de jeu (à 40-30) que Nicolas Mahut sauve d'un revers à une main, un autre atout de son répertoire. A 5-0, Julien Couly concrétise enfin ses efforts en sauvant l'honneur (5-1) mais le jeu suivant, blanc, est sans appel (6-1). Champion de France junior, victorieux du tournoi junior de Wimbledon l'an dernier, Nicolas Mahut (19 ans) n'en a pas moins treize ans de pratique tennistique. « J'ai commencé à six ans et j'ai eu de la chance d'avoir de bons entraîneurs pour apprendre les gestes parfaits » raconte Nicolas. Sur le terrain, cela se traduit par une gestuelle très déliée, fluide, qui méritera toutefois d'être opposée au style d'un Nicolas Thomann — qu'il pourrait rencontrer en demi-finale, si l'un et l'autre passent les quarts — pour obtenir une confirmation d'efficacité. En attendant, elle suffit à faire souffrir des Magnin et autres Couly. Au deuxième set, ce dernier a carrément levé les bras au ciel en signe de vainqueur en remportant le 5e jeu (4-1) alors qu'il n'avait plus rien à espérer. La suite allait d'ailleurs le prouver (6-1). « Je viens de gagner le tournoi de Bagnères-de-Bigorre et je suis en pleine confiance, explique Nicolas Mahut. De plus, je suis assez performant sur ce type de surface ». De là à imaginer qu'il puisse récidiver à Mulhouse, il n'y a qu'un pas que l'Angevin se refuse de franchir prématurément : « En sport, la logique n'existe pas. Je n'aime pas aller trop vite et je prends un match après l'autre. Vendredi — aujourd'hui — je sais juste que je vais jouer Serra, qui m'a battu cette saison à Montauban, et que j'ai à coeur de prendre ma revanche. Ensuite, on verra ! »
Nicolas Mahut, le lauréat du dernier tournoi de Wimbledon junior, entre en quarts de finale du Grand Prix Barrisol après deux matches impressionnants.
Darek Szuster











