Avant les attentats du 11 septembre, des groupes terroristes auraient vendu des titres, notamment ceux de compagnies d'assurance. Denis Kessler, s'insurge contre cette « barbarie absolue ». Le numéro 2 du Medef est aujourd'hui à Colmar.
Peu avant les attentats, des investisseurs ont cédé les titres de certaines compagnies, parmi lesquelles l'assureur allemand Munich Ré. Le président de la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances), confirme-t-il ces informations ?
Il semble que des terroristes ou des groupes liés au terrorisme ont ajouté à l'horreur et à l'inhumanité des attentats, une spéculation abjecte. Nous n'avons pas plus d'informations à l'heure actuelle, mais des mouvements paraissent avoir eu lieu sur le marché des options de certaines sociétés d'assurances. Une forme de barbarie absolue, qui pourrait, cependant, se retourner contre ces organisations. Car si elles ont réalisé des plus values en spéculant ainsi sur la mort, on doit pouvoir remonter la chaîne de tous les donneurs d'ordre. J'espère que l'on démantèlera ainsi des réseaux terroristes qui se financent, bien entendu, de manière illégale. Dans le monde, existent des circuits de blanchiment qui alimentent ces activités criminelles. Un certain nombre de places financières manquent de transparence, mais on peut espérer que l'enquête sur les attentats de New York et Washington permettra d'éradiquer, à moyen terme, ce fléau. La communauté internationale sera intraitable envers les institutions douteuses. Tous ceux qui auraient participé de près ou de loin à des actes aussi abominables, doivent être poursuivis. De ce point de vue, le 11 septembre, peut marquer un tournant dans l'organisation financière mondiale. Les règles professionnelles, éthiques et déontologiques sont respectées presque partout. Mais aucune exception ne sera plus tolérable…
Selon les premières évaluations, le coût des attentats s'élèvera à 15 milliards de dollars au moins pour les assureurs. Que pensez-vous de telles estimations ?
Ces chiffres englobent différentes indemnisations : celle des blessés et de l'entourage des personnes décédées, les destructions des bâtiments et des avions… Mais aussi d'autres préjudices qui ne pourront pas être évalués avant plusieurs mois, en particulier la perte d'exploitation subie par de nombreuses entreprises. Il est donc prématuré de faire une évaluation précise. Le coût est estimé aujourd'hui à au moins 20-25 milliards de dollars. Mais il est à craindre que ce chiffre soit dépassé, in fine.
Le Mouvement des entreprises de France, dont vous êtes le numéro 2, veut faire entendre la voix des entreprises dans le débat électoral du printemps prochain. Le « parti de l'entreprise » va-t-il rouler pour la droite ?
Le Medef, né à Strasbourg en 1998, récuse ce terme, car il est contraire à notre approche : un « parti » veut conquérir le pouvoir d'État ; alors que notre démarche est radicalement différente. Le Medef est par essence une organisation appartenant à la société civile, apolitique et non partisane. Elle a pour objectif de promouvoir les entreprises et le secteur productif. A l'occasion des grands rendez-vous électoraux qui ponctuent la vie démocratique nous voulons adresser à l'ensemble de nos concitoyens des messages forts, conformes à cette vocation. Nous n'appuyons aucune formation politique, nous souhaitons faire des propositions, faire partager notre vision, exprimer nos convictions, dont chacun si l'on peut dire pourra tirer… parti.











