Pour ses petits copains de l'école primaire Jean-de-Lafontaine, à la fin des années 70 à Mulhouse, Habib Zacarias Moussaoui s'appelait « Zacari ». Le père d'un des élèves qui allait en classe avec le petit garçon, qui avait alors 9-10 ans, se souvient d'un « gosse qui avait le physique et des dispositions pour devenir un sportif, à condition d'être suivi ». Ce témoin a encore en mémoire la maman du gamin qui roulait dans « une vieille BMW ». L'histoire en a décidé autrement. Habib Zacarias Moussaoui, d'origine marocaine mais né à Saint-Jean-de-Luz le 31 mai 1968, est ensuite parti avec sa famille à Narbonne. Sa mère, séparée de son père, se bat avec toute son énergie pour élever ses enfants le mieux possible. Embauchée en tant que femme de service à France Télécom, elle suit les cours du soir pour trouver un meilleur emploi. Elle y parvient et gagne sa titularisation après avoir passé le concours d'agent. Zacarias et ses trois frères et soeurs travaillent eux aussi à l'école. Le jeune homme décroche son bac pro, entre au lycée Arago de Perpignan. Ses profs sont contents. Comme beaucoup d'autres jeunes de son âge, il sort en boîte, n'hésite pas à boire un coup. Il a une petite copine. Ses parents ne veulent pas entendre parler de sa liaison avec un « Arabe ». Mais tout bascule dans la vie de Zacarias le jour où sa cousine débarque du Maroc. « Le cancer est entré dans notre maison », ajoute tristement la mère du jeune homme aujourd'hui. La jeune fille a fréquenté les milieux intégristes qui noyautent les facultés du royaume. Aussitôt, elle s'emploie à convertir les garçons de la famille Moussaoui. Zacarias et son frère sont peu à peu gagnés par le fanatisme. Plus question de faire la vaisselle, de « toucher la main des infidèles ». Pour le jeune diplômé en mécanique automatisée, la prochaine étape passe par Londres, où il passe un diplôme de commerce international. Des photos le montrent porteur d'une barbe naissante.
Voyages au Pakistan et en Afghanistan
En 1997, il rend une dernière visite à sa mère. Dès lors, elle n'aura plus que des contacts téléphoniques épisodiques avec lui. Le monde d'Amina s'est écroulé la semaine passée quand des policiers français sont venus frapper à son domicile. Ils lui ont appris que son fils était fiché à la DST depuis 1999. Qu'ils savaient tout de ses voyages en Afghanistan ou au Pakistan, de son arrivée aux USA. Au moment où les policiers français arrivent sur les hauteurs de Narbonne, Zacarias est cuisiné par le FBI. Il a été arrêté le 17 août dernier, dans le Minnesota, en possession de faux papiers. Il suivait à Minneapolis une formation de pilote sur un simulateur de vol d'avions de ligne. Les policiers américains veulent aujourd'hui connaître les liens entre ce jeune homme et les terroristes qui ont jeté leurs appareils sur le World Trade Center et le Pentagone. Était-il, lui aussi, « programmé » pour jouer les kamikazes ?











