Les États-Unis et l'Union européenne se sont engagés hier à « travailler en partenariat dans une large coalition pour combattre le terrorisme ».
Une déclaration commune, diffusée hier soir par le département d'État à Washington, a annoncé que « dans les jours, semaines et mois à venir, les États-Unis et l'Union européenne travailleront en partenariat dans une large coalition pour combattre le terrorisme ». Le texte, communiqué par le porte-parole du département d'État, Richard Boucher, affirme que « ceux qui sont responsables des récents attentats doivent être poursuivis et jugés. Nous mettrons sur pied un effort global, systématique et durable pour éliminer le terrorisme international, ses dirigeants, ses acteurs, ses réseaux ». Ce partenariat a été annoncé à l'issue d'une rencontre entre le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, son homologue belge Louis Michel (la Belgique assurant la présidence tournante de l'Union), le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, l'Espagnol Javier Solana, et le commissaire européen pour les relations extérieures, le Britannique Chris Patten.
Exprimer des nuances
Cette annonce devance le sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement des Quinze, ce soir à Bruxelles, qui doit permettre à ces dirigeants de démontrer leur unité, de manifester leur solidarité avec les Américains, tout en exprimant de possibles nuances avec eux. Jacques Chirac et Tony Blair, premiers hauts responsables européens à s'être rendus aux États-Unis après les attentats, feront le bilan de leurs rencontres avec George W. Bush. Tous deux se sont prononcés hier pour « une riposte adaptée et efficace », qui est en fait la condition pour l'Europe de participer militairement aux opérations américaines. Cette formule est inspirée par la volonté des Quinze d'éviter un « choc des civilisations » qui opposerait les démocraties occidentales au monde musulman.
Accord européen
Le sommet extraordinaire de Bruxelles voudra aussi indiquer aux citoyens de l'UE que la lutte antiterroriste est prise au sérieux sur le Vieux continent. Les chefs d'État et de gouvernement pourront mettre en avant l'accord réalisé hier par leurs ministres de la Justice et de l'Intérieur. Ceux-ci ont approuvé un ensemble de mesures pour améliorer de manière concrète la lutte antiterroriste, en s'engageant en particulier à mettre en oeuvre au plus vite un « mandat d'arrêt européen » (notre édition de jeudi). Dix jours après les attentats à New York et Washington, les ministres européens sont également convenus de trouver, pendant leur rencontre prévue les 6 et 7 décembre, un accord politique sur une définition commune des actes terroristes. Ils ont en outre adopté un train de mesures opérationnelles visant à renforcer l'efficacité de la coopération avec les États-Unis et l'action de l'UE face à la menace terroriste. Ils ont notamment décidé de constituer au sein d'Europol (l'organisme européen de coopération policière) une équipe de spécialistes antiterroristes chargés de recueillir et analyser toutes les informations utiles. Ils ont convoqué une réunion des chefs des unités antiterroristes de l'UE avant le 1er novembre.











