Les réassureurs ont multiplié par deux l'estimation de leurs charges pour les conséquences des attentats. Tout le monde paiera.
La facture estimée des attentats du 11 septembre aux États-Unis a été multipliée par deux, hier matin, à quelques minutes d'intervalle, par les deux plus grands réassureurs du monde, l'allemand Munich Ré et le suisse Swiss Ré. Les charges s'annoncent donc très lourdes pour les assureurs des assureurs et ceux-ci ne pourront rebondir qu'à la condition d'imposer des tarifs plus élevés, assurant la couverture de risques jugés impensables jusqu'ici. Munich Ré table désormais sur un montant de 2,1 milliard d'euros (13,775 milliards de francs français), contre 1 milliard d'euros estimé au lendemain des attentats, tandis que Swiss Ré prévoit pour lui-même une facture de 2 milliards de francs suisses (8,85 mds FF) au lieu de 1,2 milliard de FS précédemment. Les deux sociétés ont prévenu que leurs bénéfices 2001 seraient lourdement affectés. Munich Ré, qui tablait initialement sur une hausse de 10 % cette année, estime à présent que ses gains seront inférieurs à ceux de l'an dernier. Ils s'étaient alors élevés à 1,75 milliard d'euros. Quant à Swiss Ré, qui est l'un des réassureurs des tours du World Trade Center et de plusieurs autres immeubles touchés alentour, il a simplement fait savoir que son bénéfice par action serait affecté, sans donner d'estimation chiffrée. Les deux titres ont flanché en bourse hier, cédant quelque 4 % dans la matinée. Pourtant, le secteur ne s'abandonne pas au pessimisme. Pour Munich Ré, qui a derrière lui cinq années de mauvais résultats dans la réassurance, le choc du 11 septembre est une occasion de redistribuer les cartes. Et le bavarois espère bien obtenir plus d'atouts dans son jeu cette fois.
« Les prix des contrats de réassurance sont trop bas et ne reflètent pas l'ampleur des risques. Mais du fait de la forte concurrence dans le secteur, nous n'avons pas réussi jusqu'ici à imposer nos conditions. Les acheteurs tenaient le manche », explique un porte-parole de Munich Ré, Rainer Küppers.
Dans les ruines du World Trade Center, l'espoir de retrouver des survivants est pratiquement réduit à zéro.
AFP











