Les attentats aux avions-otages secouent le transport aérien. British Airways prévoit le pire et a décidé de supprimer un emploi sur huit, tandis que Swissair Group annonce des pertes importantes depuis le 11 septembre.
ON N'A pas fini de mesurer l'étendue des effets économiques des attentats du 11 septembre. La compagnie aérienne britannique British Airways (BA) avait prévu 1800 suppressions d'emplois : elle a annoncé hier qu'il y en aurait finalement 7000, en prévision d'une chute brutale de la demande. La compagnie appuie ce pronostic sur son expérience de la guerre du Golfe. En outre, BA va réduire de 10 % sa capacité de vol, en raison des conséquences financières désastreuses des attaques terroristes, menées avec des avions de ligne détournés et utilisés comme bombes volantes, et qui ont donc un effet psychologique d'autant plus désastreux sur de nombreux candidats au voyage.
Chute brutale des réservations
Le directeur général du groupe britannique, Rod Eddington, n'a pas voulu indiquer, hier, le nombre de réservations annulées depuis les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, indiquant cependant que la demande avait chuté « brutalement ». Les résultats de British Airways étaient déjà amputés par le ralentissement de l'économie mondiale. La compagnie va notamment supprimer 400 postes de pilotes, 2300 postes parmi le personnel de cabine, 850 dans le personnel au sol, 3000 dans l'administration et le marketing, et 450 postes de mécaniciens. Au total, cela représente 12,5 % de ses effectifs. British Airways va en outre réduire sa flotte de 20 appareils, réviser les contrats avec ses sous-traitants, geler ses commandes de matériel informatique et de logiciels et réduire ses dépenses de publicité et de promotion. L'annonce a fait plonger British Airways à la Bourse de Londres, où le titre perdait hier 10 % à la mi-journée. Depuis le 11 septembre noir, la valeur de la compagnie a diminué de près de 45 % ! Une autre compagnie britannique, Virgin Atlantic, dont 60 % des liaisons sont transatlantiques, avait déjà annoncé lundi 1200 suppressions d'emplois et une réduction de 20 % de ses vols vers les États-Unis. Chez nos voisins helvétiques, le Swissair Group, déjà fragilisé, est tout aussi durement secoué. « Les attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis ont représenté environ 65 millions de FS (44 millions d'euros ou plus de 288 MF) de perte de chiffre d'affaires pour le groupe », a-t-il annoncé hier. En conséquence, de nouvelles mesures de restructuration sont à l'étude.
Aggravation chez Swissair
Le cours de l'action Swissair a aussitôt plongé à la Bourse de Zurich, perdant 14 % dans la matinée, après être passée par son plus bas niveau historique, soit 42 FS. Les nouvelles mesures de restructuration seront rendues publiques en octobre et s'ajouteront à celles déjà annoncées en août : vente de deux filiales, Swissport (enregistrement des passagers et des bagages) et Nuance (boutiques hors taxes). Suite aux attentats, Swissair Group s'attend à une baisse du nombre de passagers au cours des prochains mois. Sur les routes d'Amérique du Nord, un recul de 10 % à 15 % est prévu ; sur les autres liaiaons, il devrait être de 5 % à 10%, estime le groupe. L'ensemble des transporteurs aériens mais aussi des constructeurs aéronautiques (voir notre édition de jeudi) se trouvent actuellement dans la tourmente. Les attentats ont entraîné une réduction des réservations sur les vols et le ralentissement économique pèse sur les activités de fret. Aux États-Unis, les compagnies aériennes ont supprimé 100 000 emplois au total.
Des Boeing 747 de British Airways. La compagnie a décidé de réduire sa flotte d'un dixième, en prévision d'un recul durable de la demande.
AFP











