Washington a exigé hier la livraison d'Oussama ben Laden, jugeant insuffisante la requête des ouléma afghans pour qu'il quitte l'Afghanistan volontairement. L'invitation des ouléma « ne satisfait pas les exigences américaines », a fait savoir la Maison Blanche quelques heures après que c théologiens musulmans afghans eurent invité le suspect numéro un dans les attentats du 11 septembre à quitter le pays de son plein gré. Le mollah Mohammad Omar, chef suprême des taliban, devait reprendre à son compte l'invitation faite à Oussama ben Laden de quitter le pays, « mais ce départ prendra du temps », a prévenu le ministre afghan de l'Education Amir Khan Mutaqi. De quoi rendre les États-Unis furieux. « L'heure n'est pas aux mots mais à l'action », a-t-on rétorqué hier à Washington, où la Maison Blanche a exigé que ben Laden et ses lieutenants soient livrés et que les camps de son organisation « al Qaida » soient fermés. Des centaines d'ouléma (littéralement : érudits) de toutes les provinces d'Afghanistan ont demandé hier à l'exécutif taliban et à son chef, le mollah Mohammad Omar, « commandeur des croyants », de faire en sorte que ben Laden « quitte l'Afghanistan de son plein gré, pour l'endroit de son choix, et au moment approprié ». Les ouléma avaient été saisis du cas ben Laden et des menaces d'attaques américaines par le mollah Omar qui, jusqu'à présent, avait toujours rejeté les demandes d'extradition formulées par les États-Unis et la communauté internationale. Signe de la nervosité ambiante à Kaboul, alors que les menaces américaines se précisent, le mollah Haqqani a déclaré que le décret des ouléma indiquait également que « des musulmans étaient en droit de tuer tout Afghan qui se rangerait dans le camp des États-Unis ». À l'issue de deux jours de débats à Kaboul, ces dignitaires religieux ont également exprimés « douleur » et « chagrin » après les attentats-suicides ayant fait près de 6000 morts. La situation n'est pas moins tendue au Pakistan, où les plus extrémistes des partis religieux, solidaires des taliban afghans, appellent aujourd'hui à une journée de grève et de manifestations. Le président pakistanais Pervez Musharraf avait fait un pas en direction des Occidentaux en annonçant sa décision de collaborer avec la guerre antiterroriste mondiale lancée à l'initiative des Etats-Unis. Quelques instants à peine après le discours présidentiel, les deux principaux partis fondamentalistes du Pakistan ont rejeté le choix du président Musharraf et annoncé leur intention de poursuivre leur campagne de protestation antiaméricaines. Par contre, les deux principaux partis politiques qui ont fourni au Pakistan ses deux derniers Premiers ministres civils, Benazir Bhutto et Nawaz Sharif, ont manifesté leur soutien au président.
C'était hier à Karachi. Les partis intégristes multiplient les manifestations anti américaines au Pakistan.
AFP











