Les promesses d'accalmie au Proche-Orient ont volé en éclats hier, quelques heures seulement après la décision du Hamas et du Jihad islamique de ne pas respecter la trêve proposée par Yasser Arafat. Le vieux leader palestinien a même été trahi par des extrémistes du Fatah qui ont tiré sur des Israéliens. Le bilan de la journée d'hier est lourd. Un Palestinien a été tué jeudi des militaires israéliens à un barrage routier dans le centre de la bande de Gaza, après une attaque palestinienne contre des soldats qui a fait cinq blessés dans les rangs de Tashal. Selon des responsables de la sécurité palestinienne, Mounir Moustapha Abou Moussa, 33 ans, a été mortellement atteint à la tête alors qu'il roulait dans un taxi près d'un barrage entre la colonie juive de Kfar Darom et le bloc de colonies de Goush Katif. Un autre Palestinien a été blessé par les tirs. L'armée israélienne a en outre fermé le point de passage de Karni, terminal routier vers Israël dans le nord de la bande de Gaza, à la suite de tirs palestiniens contre une position militaire, selon une source des services de sécurité palestiniens. Un gardien israélien affecté à la surveillance du terminal de Karni a été blessé par ces tirs. Des chars israéliens ont ensuite ouvert le feu à la mitrailleuse sur un quartier général de la police palestinienne des frontières situé à proximité, qui a été sérieusement endommagé, sans faire de blessé, selon la sécurité palestinienne. Dans la matinée, une femme colon a été tuée et son mari grièvement blessé dans une attaque palestinienne, alors qu'ils circulaient en voiture près de la colonie de Tekoa, en Cisjordanie. Un groupe armé lié au Fatah, le mouvement du président Yasser Arafat, «Brigades des martyrs d'Al-Aqsa», a revendiqué cette attaque. Depuis le début de l'Intifada le 28 septembre 2000, 818 personnes ont été tuées, dont 627 Palestiniens et 168 Israéliens. De son côté, l'armée israélienne a effectué dans la matinée une incursion en zone autonome palestinienne dans le sud de la bande de Gaza, où elle a rasé des terres agricoles près de la colonie de Morag avant de se retirer, selon un responsable de sécurité palestinien. Mais un porte-parole militaire a démenti, affirmant que les bulldozers étaient intervenus en zone sous contrôle de sécurité israélien, afin de localiser la source de tirs fréquents sur des colonies juives. Par ailleurs, l'armée israélienne a défait des tentes dans lesquelles vivaient une centaine de Palestiniens sur les collines de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.











