Le 30 juillet 1975, James Riddle Hoffa quitte sa maison du lac Orion. Il a rendez-vous, croit-on, avec Anthony Giacalone, un des gros bonnets du monde du crime de Detroit. Il arrive sur le parking du restaurant de la capitale américaine de l'automobile où doit avoir lieu la rencontre. Depuis, c'est le trou noir. Nul ne sait où est passé Jimmy Hoffa, qui fut le redoutable patron du syndicat des camionneurs. Il avait dit à sa femme qu'il rentrerait à 16 h et qu'il ferait des grillades… Quatre ans plus tôt, Jimmy Hoffa était sorti de prison. Condamné pour corruption et détournement de fonds de pension, il avait été condamné en 1967 à treize ans de prison, puis gracié par le président Nixon en 1971. Né au Brésil en 1913, Jimmy Hoffa est arrivé aux États-Unis après la mort de son père, mineur de charbon, en 1920. En 1922, les Hoffa s'installent à Detroit dans un quartier ouvrier. Les voisins qui font sentir à Jimmy qu'il n'est qu'un petit « rustaud » font vite connaissance avec ses poings et finissent par le respecter. Pour aider la famille, le jeune garçon travaille après l'école. A 17 ans, il triche sur son âge et se fait engager dans une épicerie en gros. C'est le temps de la grande débâcle. Cela n'empêche pas Jimmy Hoffa d'organiser une grève au printemps 1931 pour protester contre le licenciement de deux ouvriers. Après de dures négociations, le jeune meneur obtient des avantages inespérés, une augmentation salariale et même un modeste régime d'assurances. Un an plus tard, Hoffa est viré après une bagarre avec un agent de maîtrise. Il rejoint alors l'union locale des teamsters. Un poste d'animateur : il n'a pas de salaire, mais perçoit une prime pour chaque nouvelle recrue. Le métier n'est pas de tout repos car, des gangsters, des milices patronales et des syndicats rivaux, c'est le plus fort qui gagne. Mais Jimmy Hoffa ne lâche jamais. Sa réputation grandit et, bientôt, il part sur les routes pour recruter au plan national. Il a quand même le temps de se marier, en 1936, avec une jeune beauté polonaise. Il sera un mari attentionné et un bon père de famille pour ses deux enfants. Le syndicat des camionneurs monte en puissance et Hoffa suit la même trajectoire. Dès le début des années cinquante, il arrive aux instances dirigeantes. En 1957, il sera à la tête des teamsters. Puissant et intransigeant, il se fait de nombreux ennemis. On le dit très lié à la mafia, on l'accuse d'extorsion et de détournement de fonds, de violence. Une commission d'enquête sénatoriale où siège Robert Kennedy, se penche sur ses activités. Les enquêteurs redoublent d'efforts quand le frère du président devient ministre de la Justice. En 1962, Hoffa est acquitté, mais en 1964, il est condamné à huit ans de prison et à cinq ans de plus quelques mois plus tard. Ayant épuisé tous les recours, le patron des teamsters est emprisonné en 1967. S'il a rendez-vous en ce 30 juillet 1975, c'est dans le cadre de ses efforts pour reprendre la direction du syndicat. Et c'est, selon les enquêteurs, pour cela aussi qu'il a été tué. Il menaçait aussi de déballer ce qu'il savait, notamment sur les malversations du milieu. Jamais le FBI n'a voulu rendre publique son enquête. Mais depuis quelques jours, on a du nouveau : le 30 juillet 1975, les tests d'ADN l'ont révélé, Jimmy Hoffa est monté dans une voiture conduite par un de ses amis. Une voiture appartenant au fils d'Anthony Giacalone. On n'en sait pas plus, mais James Hoffa jr espère que l'enquête va reprendre. Il est président des teamsters…











