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Jeudi 20 septembre 2001


 
 
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Notre dossier spécial

Multimédia
  • Rentrée à l'école du web

Vingt-sept étudiants font jeudi à Marseille leur première rentrée dans la «grande école de l'internet», voulue par le Premier ministre Lionel Jospin.
Soixante mille postes d'ingénieurs des TIC (technologies de l'information et de la communication) ne seront pas pourvus d'ici 2005: l'étude de faisabilité de l'école de l'internet montrait, dès novembre 1999, l'urgence de doter le pays d'une véritable formation dans ce domaine. En juillet 2000, le chef du gouvernement annonçait sur la Toile que 3 milliards de francs (457,34 millions d'euros) seraient dépensés de 2001 à 2003 pour la formation et l'initiation du grand public au réseau.
L'école marseillaise, dont les droits annuels s'élèvent à 5.500 F (838,47 EUR) est la première école d'ingénieurs en France entièrement consacrée au Net (d'autres formations existent mais intégrées dans des enseignements plus globaux).
Une école de l'internet dédiée à la mode et au textile doit aussi ouvrir cette année à Tourcoing (Nord) ainsi qu'une formation à Bourges (Cher), qui n'est cependant pour l'instant qu'une option de troisième année d'une école déjà existante.
L'IAAI ne délivrera que 150 diplômes par an, «dans trois ou quatre ans», selon son directeur Jacques Labetoulle.
Mais l'institut entend élargir son public grâce à la formation continue. D'où son ouverture à des partenaires industriels qui participent à son financement.
Ses diplômés bac + 5 ne se limiteront pas aux aspects techniques de la Toile.
C'est pourquoi l'école recrute des bac + 3 formés en sciences dites dures (maths, physique etc.) mais aussi des diplômés en sociologie, droit ou économie.

L'attaque de "Nimda"

Un nouveau virus informatique baptisé "Nimda" est actif depuis lundi et s'attaque aux réseaux informatiques dans le monde, a affirmé mardi l'Attorney general (ministre de la Justice) américain John Ashcroft.

M. Ashcroft a souligné qu'il n'y avait aucune preuve permettant de faire le lien entre cette attaque informatique et les attentats qui ont frappé les États-Unis le 11 septembre. "Il se peut que ce virus soit actif depuis lundi et il a contaminé des ordinateurs à travers le monde", a déclaré l'Attorney general lors d'une conférence de presse à Washington.
Selon lui, ce virus pourrait être plus destructeur que son prédécesseur qui avait été activé en juillet sous le nom de "Code Red".
M. Ashcroft a précisé que "Nimda" pouvait être l'anagramme du mot "admin-istration".
Intitulé W32.nimda ou W32.MINDA, le virus se propage de plusieurs manières, notamment par des pièces jointes au courrier électronique ou lorsqu'un utilisateur accède à des pages web hébergées par un serveur infecté.
Le virus attaque en effet des serveurs vulnérables utilisant le logiciel Internet Information Server (IIS) de Microsoft, selon le CERT (Computer Emergency Response Team), spécialiste de la lutte contre les attaques et virus sur l'internet.
Une fois qu'un serveur est infecté, le virus se met à la recherche d'autres serveurs à attaquer, explique le CERT.
Cette activité du virus génère un trafic important sur l'internet où de nombreux sites sont inondés de courrier électronique. Le CERT prévient également les administrateurs de réseaux que le virus pourrait compromettre l'intégrité du contenu des sites.


Vers une surveillance accrue du Net

L'ampleur sans précédent des attentats de Washington et de New York et le recours supposé des terroristes aux techniques les plus avancées de cryptage des messages, font craindre aux internautes un renforcement de la surveillance du web.

"Les États-Unis et les pays de l'OTAN vont tirer profit de ces attentats pour renforcer leur contrôle des communications", met en garde Andy Mueller-Maguhn, porte-parole du Chaos Computer Club (CCC), célèbre organisation allemande de hackers (pirates de l'internet).
Il s'agirait, assure-t-il, d'une "intrusion dans la sphère privée" du citoyen lambda alors que les terroristes "contourneraient ces dispositifs à l'abri des regards indiscrets" en recourant à des techniques plus évoluées.
Selon certaines informations diffusées sur le web, Oussama ben Laden, montré du doigt par les enquêteurs, aurait utilisé la "stéganographie", vieille technique de communication des agents secrets, pour dissimuler des messages dans des photos ou des pages web anodines.
Rédacteur en chef de la lettre confidentielle "Intelligence Online", Guillaume d'Asquier partage les craintes du hacker sur une surveillance accrue du web d'autant plus inutile que, selon lui, "les organisations les plus aguerries à la clandestinité ne l'utilisent pas".
Les prestataires techniques sont le plus souvent domiciliés dans des pays riches où ils collaborent avec les services de sécurité, explique-t-il. "AOL coopère pleinement aux investigations des agences de sécurités américaines fédérales et locales", a du reste indiqué le fournisseur d'accès américain peu après les attentats.
Toujours selon Guillaume d'Asquier, les services secrets disposeraient des backdoors (passages secrets) qui permettraient de déchiffrer les e-mails cryptés, et de logiciels pour repérer les messages dissimulés. "Les organisations clandestines le savent", estime-t-il.
Responsable des produits communication (e-mail, chat, forums, etc.) de Yahoo! France, Jean-François Vauban reconnaît faire désormais "beaucoup plus attention" aux messages échangés publiquement sur le web, les e-mails relevant de la correspondance privée et échappant à toute surveillance hors du cadre judiciaire.
Le Directeur de l'Ecole de guerre économique, Christian Harbulot, abonde dans le même sens. "Les Américains vont profiter hélas du choc émotionnel des attentats pour renforcer leur influence géoéconomique comme après la guerre du Golfe et l'Europe aura bien du mal à faire la part entre la solidarité et cette reconquête", augure-t-il.
Le chef-adjoint de l'Office Central français de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication (OCLCTIC), le commissaire Daniel Bertinet, aimerait que le traumatisme des attentats permette "d'améliorer la coopération entre la police et les industriels de l'internet".
"Pour l'instant, les opérateurs n'ont aucune obligation de conserver la trace des connexions et des e-mails", déplore-t-il.
Il doute cependant que "les services de police français puissent installer des mouchards chez les fournisseurs d'accès comme le FBI l'aurait fait aux États-Unis avec son système baptisé "Carnivore".

  • Cyber riposte

Une centaine de pirates informatiques ont annoncé jeudi avoir décidé de se regrouper pour attaquer le réseau internet et d'autres systèmes de communications des pays soupçonnés d'abriter des terroristes.

Le groupe, qui s'est donné le nom de "Dispatchers", précise qu'il attaquera d'abord l'Afghanistan.

"Ceux qui ont choisi de faire du mal à nos familles, nos amis et nos compatriotes, sont devenus et continueront à être nos cibles", a déclaré l'un des pirates informatiques dans un courrier électronique à la presse.
Le groupe affirme avoir l'intention de rendre inopérants de manière permanente les systèmes des pays concernés et de casser tous leurs systèmes de communication.
Il précise être composé de membres de différentes origines ethniques.

  • Pas de ventes aux enchères macabres

Le site de ventes aux enchères eBay a interdit la vente d'articles associés aux attentats meurtriers aux États-Unis
eBay a retiré de son site les offres d'articles comme des enregistrements vidéo et des débris des tours jumelles du World Trade Center à New York, complètement détruites par deux avions détournés, a indiqué à l'AFP Kevin Pursglove, porte-parole du site.
"Nous avons commencé à enlever les marchandises pratiquement immédiatement", a souligné Kevin Pursglove, sans pouvoir toutefois préciser combien d'articles étaient proposés à la vente.

eBay a dans le passé interdit la vente d'articles associés notamment au régime nazi et au groupe raciste Ku Klux Klan.