Et si Ben Laden s'était trompé ? Sans tomber dans l'optimisme le plus béat, qui a coûté si cher aux Occidentaux, trop souvent aveugles face au danger terroriste, les réactions des gouvernements européens marquent la fin d'un coupable laisser-faire. Les attentats du 11 septembre cimentent une alliance qui pourrait à terme coûter très cher au terroriste et à ses émules. Hier, le Bundestag a voté à une écrasante majorité une motion autorisant le gouvernement à engager des forces dans une opération antiterroriste. Une telle décision tranche sur les traditionnelles hésitations de nos voisins, peu enclins à envoyer leurs soldats hors des frontières de la République fédérale. En faisant ce choix, l'Allemagne témoigne de sa résolution. Il y a aussi une part de honte à l'idée que sa traditionnelle hospitalité a transformé Hambourg en base arrière des commandos qui ont semé la terreur aux USA. Les Britanniques, jusqu'à présent pointés du doigt pour leur laxisme en matière de lutte contre l'islamisme, commencent à prendre des mesures coercitives, notamment dans le domaine financier. Mieux vaut tard que jamais… La journée d'hier a aussi permis au ministre de la Défense français et au Premier ministre de réaffirmer leur engagement dans la lutte contre le terrorisme. Il s'agissait autant de ne pas laisser au président de la République l'exclusivité de l'affirmation du soutien de la France aux USA que de corriger l'impression qu'une fois de plus, Paris pourrait bien se montrer un allié à géométrie variable. Seuls quelques propagandistes et autres zélotes verront dans cette saine réaction la naissance d'une croisade. Il s'agit avant tout d'un réflexe de défense face à la pire menace qui pèse sur l'Europe et sur le monde depuis la fin de l'empire soviétique. Reste désormais à la traduire dans les faits. Le sommet européen extraordinaire qui se réunit demain devrait confirmer la volonté des Quinze de résister aux menaces terroristes. Sans se ranger aveuglément sous la bannière étoilée, les Européens sont décidés à lutter contre le fanatisme et la barbarie qui les menacent autant que les Algériens, les Égyptiens ou les femmes afghanes. Ben Laden a sûrement mésestimé cette capacité de sursaut des vieilles démocraties. Il devra en payer le prix.











