Alors que des érudits de l'islam sont réunis à Kaboul pour débattre du « jihad », le président George W. Bush a juré de mener « une campagne mondiale » contre le terrorisme.
PLUS de mille érudits de l'islam sont réunis à Kaboul en Afghanistan, où le régime des taliban leur a demandé de se préparer à décréter la guerre sainte face aux « menaces » américaines, tandis que la Maison Blanche a lancé un nouvel avertissement à l'Afghanistan en affirmant que « le moment (était) venu d'agir et non de négocier » l'extradition de ben Laden. Le président George W. Bush a annoncé une campagne mondiale contre le terrorisme et a exhorté fermement le régime de Kaboul à extrader les dirigeants de l'organisation terroriste Al Qaida.), alors que le Pentagon a annoncé que les forces armées américaines ont commencé leur déploiement pour participer à la lutte contre le terrorisme. Selon CNN, l'opération avait été baptisée « Opération justice sans limite » (Operation Infinite Justice). Dans un message adressé à ces dignitaires religieux, le chef suprême des taliban, le mollah Mohammad Omar, « commandeur des croyants » a, une nouvelle fois, dégagé toute responsabilité d'Oussama ben Laden et des taliban dans les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
Omar demande des preuves irréfutables
Au lendemain d'une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant la remise « immédiate et inconditionnelle » de ben Laden, le chef des taliban a laissé entendre que le régime de Kaboul ne participerait à aucun processus judiciaire sans que des preuves « irréfutables » lui soient fournies. « S'il y avait des preuves établissant la culpabilité d'Oussama, ces preuves devraient être remises à la cour suprême afghane » et il faudrait « laisser des oulémas (dignitaires religieux musulmans) de trois pays islamiques ou de l'OCI » (Organisation de la Conférence Islamique) observer ce processus, a-t-il dit. Cependant, « l'Amérique a rejeté toutes nos suggestions ». Le mollah Omar a enfin formellement demandé aux dignitaires religieux réunis à Kaboul de se préparer à édicter une « fatwa » (décret religieux), dans le contexte des « menaces » d'attaques des Etats-Unis qui cherchent « des prétextes pour nous éliminer, l'un d'eux étant la présence de ben Laden en Afghanistan ». Selon des sources russes, ben Laden se trouverait toujours en Afghanistan, à Kandahar, le fief des taliban dans le sud de l'Afghanistan. Au Pakistan -pays frontalier qui s'est rangé du côté américain dans la guerre contre le terrorisme-, les plus hautes autorités religieuses ont édicté une « fatwa » (édit) appelant à la guerre sainte contre les Etats-Unis s'ils attaquent l'Afghanistan.
De nouvelles menaces terroristes
À Karachi, dans le sud du Pakistan, des centaines de militants du parti radical islamiste Jamiat Ulema-e-Islam (JUI) ont brûlé des drapeaux américains et des effigies du président George W. Bush. En Indonésie, premier pays musulman au monde par sa population, neuf groupes fondamentalistes ont menacé de s'attaquer aux intérêts américains dans ce pays et d'en expulser les Américains si Washington attaquait l'Afghanistan. Même si ben Laden reste le principal suspect, Washington a indiqué hier qu'il ne serait pas le seul objectif de sa riposte. « Le président (Bush) ne se limite pas à un homme ou une organisation », a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Ces déclarations interviennent au lendemain de l'annonce à Washington d'un lien possible entre le régime de Saddam Hussein et un des terroristes impliqué dans les attentats qui ont fait près de 6000 morts et disparus. Mais l'Irak a nié hier tout lien avec les attentats. George W. Bush s'est entretenu hier à Washington de ses projets de guerre contre le terrorisme avec plusieurs responsables étrangers dont la présidente indonésienne, Megawati Sukarnoputri, et le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov.
Au Pakistan, des femmes ont participé à une manifestation contre une éventuelle frappe américaine sur l'Afghanistan.
AFP











