L'Allemagne a commencé de se préparer à l'action militaire après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, avec un feu vert de principe de la chambre des députés et des fonds supplémentaires pour l'armée, et a renforcé son arsenal juridique contre le terrorisme. Le Bundestag (chambre basse du parlement), qui doit donner son aval à toute intervention des soldats allemands hors des frontières de l'OTAN, a approuvé hier par 565 voix sur 611 une motion autorisant notamment « la mise à disposition des moyens militaires adaptés pour la lutte contre le terrorisme international ». Les députés veulent toutefois être de nouveau consultés si les Etats-Unis expriment effectivement leur souhait d'un appui militaire de leurs alliés de l'OTAN. Ils entendent vérifier que les « organes de sécurité » allemands, dont le commando spécial d'intervention (KSK), sont en mesure de répondre à un tel engagement. Le manque de moyens de la Bundeswehr, une armée sous-équipée, trop pauvre par rapport à l'ampleur de la tâche que Berlin attend d'elle, est dénoncé par l'opposition chrétienne-démocrate comme par les partenaires de l'Allemagne. Le ministre des Finances Hans Eichel a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 1,5 milliard d'euros (1,4 milliard de dollars) pour la lutte contre le terrorisme, dont une partie non précisée ira à la Bundeswehr. Cet argent, qui proviendra de taxes supplémentaires sur le tabac et les assurances, sera consacré à « l'amélioration des capacités de réaction de l'armée allemande » et aux services de renseignements.
Offensive légale contre le terrorisme
Berlin veut aussi améliorer les moyens juridiques de lutte contre le terrorisme, notamment en permettant de poursuivre en Allemagne les membres d'organisations extrémistes actives à l'étranger mais pas sur le sol allemand. Le gouvernement veut verrouiller les mannes financières de ces organisations et va pour ce faire supprimer le « privilège religieux » qui les dispense de rendre des comptes au fisc. Berlin va également restreindre à un cadre très strict les collectes de fonds par les associations. Les banques seront en outre obligées de communiquer les données sur les comptes d'organisations suspectes. Enfin, l'Allemagne va renforcer durablement la sécurité dans les aéroports. Mercredi matin, lors d'un discours très applaudi au Bundestag, le chancelier Gerhard Schröder avait exposé ses idées pour un plan global de prévention du terrorisme qui doit, selon lui, être une composante essentielle de la réponse aux actions des kamikazes du 11 septembre.
Le droit à l'information
Le chancelier, à l'initiative duquel les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent vendredi soir à Bruxelles en sommet extraordinaire, a appelé l'UE à adopter un « plan posant les bases d'une stabilisation puis d'une stabilité politique et économique » au Proche-Orient et en Asie centrale. Il a également préconisé des « mesures incitatives » d'aide au développement pour les pays qui participent à la lutte contre le terrorisme. Gerhard Schröder a une nouvelle fois proclamé le « soutien illimité » de l'Allemagne aux Etats-Unis. Mais il a mis en garde Washington contre toute initiative isolée. « A tout devoir d'allié correspond un droit. Il se nomme: information et consultation », a-t-il averti. « L'Allemagne est prête à assumer des risques, même militaires, mais pas à l'aventure ».











