L'industrie mondiale du tourisme subit l'onde de choc des attentats de New York et de Washington, les annulations de réservations pour les prochains mois se multipliant en particulier vers les Etats-Unis, les pays musulmans et l'Asie. Pour l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), qui compte 139 membres, les attaques terroristes aux Etats-Unis «ont assené un coup terrible» à l'activité touristique, à l'image de l'impact de la Guerre du Golfe. Une semaine après les attentats, les faits lui donnent raison. Partout à travers le monde les agences de voyages et les hôtels de luxe font face à des avalanches d'annulations de voyages d'affaires ou d'agrément. La peur de prendre l'avion ou de séjourner dans des régions à risques pourrait avoir un impact aussi fort, sinon supérieur à celui infligé par la Guerre du Golfe à l'industrie des transports et du tourisme. Pendant cette guerre, le nombre des passagers des vols internationaux était passé de 280 millions en 1990 à 266 millions en 1991 (-5%) mais les recettes touristiques avaient progressé de 2,1%, selon l'OMT. La France a déjà enregistré près de 11.000 annulations (concernant principalement les Etats-Unis et le Canada), soit 5 à 10% du volume total des inscriptions, selon le Syndicat national des agents de voyages. En Allemagne, malgré une baisse de 25% des réservations vers les Etats-Unis, les grands opérateurs maintiennent leur programme USA mais rayent la destination New York. L'industrie touristique de l'Asie -- destination favorite des Européens et des Américains -- va sans aucun doute, être touchée de plein fouet. En Inde les annulations pour octobre sont massives: 70% pour les voyages de groupes et 30% pour les déplacements individuels. L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT), dont le siège de New York était situé au 37e étage de la tour nord du World Trade Center, s'attend également à une forte désaffection des touristes américains. Les pays musulmans vont également perdre de nombreux touristes. L'Egypte, déjà sinistrée par l'attentat de Louxor, enregistre 40 à 50% d'annulations. Autre grand pays touristique, l'Espagne n'a pas enregistré d'annulations ou de départs précipités de touristes, mais Zontur, organisation touristique espagnole, s'attend à une diminution de 25% des réservations pour octobre. En Grèce, les annulations en provenance des Etats-Unis représentent 30% pour septembre-octobre. Quant aux professionnels autrichiens, ils s'attendent à un afflux de touristes, «le pays étant considéré comme une destination sûre», selon Egon Smeral, de l'institut de recherche économique autrichien (Wifo).











