Dans le cadre des portes ouvertes sur le savoir-faire qui se déroulent dimanche, un éleveur du Pays sous-vosgien propose une visite de son exploitation. Francis Briot est spécialisé dans l'élevage de la race limousine, destinée à la production de viande.
DES LIMOUSINES dans les prairies au pied du Ballon d'Alsace, cela se remarque, quand on sait que la grande majorité des agriculteurs de la région élèvent des vaches montbéliardes, facilement reconnaissable à leur robe blanche et brune. En revanche, les bovins de la race limousine sont de couleur marron, uniforme. Francis Briot, qui a travaillé dès la fin de son service militaire avec ses parents dans l'exploitation familiale située à Rougegoutte, s'est lancé seul en 1998 dans la production de viande. Ses parents avaient, comme la plupart des agriculteurs, un cheptel de race montbéliarde qui produisait du lait, alors au fil des ans, depuis 1978, Francis Briot a monté un troupeau de limousines. Aujourd'hui, il compte 130 bêtes, dont deux taureaux qu'il garde pour la reproduction.
Une race beaucoup plus rustique
Il explique que « les limousines appartiennent à une race beaucoup plus rustique, facile d'élevage et qui s'acclimatent bien dans le Pays-sous-vosgien. Nous avons le même type de sol que dans le Limousin, c'est-à-dire des terrains acides. Et la viande est d'une grande qualité, ce qui n'est pas le cas de la Montbéliarde. » Francis Briot précise même que « tous les ans au Salon de l'agriculture à Paris, la viande, de race limousine remporte toujours le 1er prix. » Alors ce cow-boy du Pays-sous-vosgien exploite 100 hectares en herbe et seulement 5 hectares en céréales destinés uniquement à l'alimentation de son bétail. « Il fabrique même ses farines et garde la paille pour la litière » précise sa mère aujourd'hui en retraite. Ses bovins sont dans les pâturages de fin avril au 15 novembre, donc nourris exclusivement d'herbe, « et en hiver je leur donne du foin et du regain, c'est de la viande bio, mais je n'ai pas le label » précise-t-il en souriant.
Deux périodes pour les naissances
La vie de fermier-producteur de viande n'est pas de tout repos. Il est certain qu'il n'a pas l'astreinte de traire les vaches deux fois par jour, mais il doit être beaucoup plus vigilant près de ses bêtes. « Il y a deux périodes de naissances par an, l'une au printemps, l'autre à l'automne. C'est-à-dire que la moitié des vaches mettent bas, et là, je dois être présent pour sortir le veau, surtout quand il s'agit de la première fois. Tous les jours je dois surveiller les veauxdans les près . Au bout de quinze jours les jeunes animaux se débrouillent tous seuls. » Et pendant le reste de l'année, il doit s'occuper seul de l'exploitation, faire les foins, cultiver les céréales… Il a juste un stagiaire qui vient l'aider, un jeune d'un lycée agricole de la région. Comme les cow-boys, il vit toute l'année avec ses animaux. Il ne fait pas de transhumance, tous ses bovins sont parqués dans des pâturages situés le long de la Rosemontoise entre Rougegoutte et Eloie.
Je vends les broutards
La production de viande consiste donc à élever des animaux pour les vendre soit à des éleveurs en France ou à l'étranger, notamment en Italie, soit à un maquignon ou à un abattoir. Francis Briot, quant à lui, a choisi de les vendre à des éleveurs. « Je vends les broutards, c'est-à-dire des veaux de huit mois, mâle ou femme, uniquement nourris par la mère et à l'herbe. Ces animaux, pour ceux qui sont nés au début du printemps, ne connaissent pas l'étable. » Quant aux plus belles femelles, l'agriculteur de Rougegoutte les garde pour la reproduction. « Je garde également cinq à six veaux pour en faire des boeufs de 3 ans, que je finis » poursuit le fermier. Actuellement, Francis Briot étudie la possibilité de vendre lui même sa viande en se regroupant avec d'autres éleveurs du Territoire, car l'investissement est important. Et puis le jour où l'abattoir de Voujeaucourt sera fermé, il sera difficile d'écluser soi-même sa production de viande. Dimanche Francis Briot vous accueillera dans sa ferme pour en faire découvrir tous les secrets de l'élevage à la traçabilité. Pat ailleurs le public pourra faire connaissance avec ses plus belles limousines et des chevaux Comtois.
Y ALLER Francis Briot, 13 route de Chaux à Rougegoutte. Tél : 03 84 29 34 30. Visite de 10 h à 19 h avec balade sur une parcelle et possibilité d'observer les animaux autour de la ferme.
Françis Briot avec ses belles limousines, une race destinée à la production de viande.
Jean Becker











