PANORAMIQUE
LE LAIT DE LA TENDRESSE HUMAINE
D'abord, il y a les acteurs ! Un casting épatant avec, excusez du peu, Patrick Bruel, Marilyne Canto, Dominique Blanc, Sergi Lopez, Mathilde Seigner, Valeria Bruni-Tedeschi, Yolande Moreau, Jacques Boudet, Antoine Chappey, Claude Brasseur et on en oublie… Mais un beau générique n'est pas suffisant et la cinéaste Dominique Cabrera, que l'on a découverte avec L'autre côté de la mer, a surtout réussi une oeuvre forte sur les fêlures et les blessures de l'âme. Christelle disparaît quelques semaines après la naissance de sa fille. Alors que son mari la cherche partout, la jeune femme, prise d'une vraie panique, a simplement été recueillie par Claire, une voisine de palier, qui l'a trouvée évanouie dans l'escalier. Le « baby blues » postnatal de Christelle, une dépression ordinaire d'une femme ordinaire, est alors le point de départ d'un portrait de groupe, extrêmement attachant, où Dominique Cabrera peut s'appuyer sur une troupe d'acteurs aussi bons les uns que les autres. Dans ce film qui, selon l'expression de la réalisatrice, débute « sur le gouffre qui s'ouvre dans le coeur d'une mère », c'est toute la constellation de la famille qui va briller d'un autre et vif éclat.
VIDOCQ
La première réalisation de Pitof, maître incontesté des effets spéciaux, a la réputation d'un film qui en met plein la vue. De fait, cette aventure fantastico-policière -François Vidocq (1775-1857) fut bagnard avant de devenir chef de la Sureté- repose sur une forme qui rappelle le jeu vidéo. Entre angles surprenants et très gros plans baroques, le spectateur est emporté dans une enquête où il occupe le rôle de partenaire du jeune reporter Etienne Boisset (Guillaume Canet), biographe autoproclamé d'un Vidocq envoyé d'entrée ad patres par une bondissante créature au visage-miroir… Si la mise en oeuvre numérique haute définition de Pitof est impeccable, on finit petit à petit par décrocher devant le trop-plein tourbillonnant d'images. Reste alors, avec le miroir, le double thème du regard et du narcissisme mais il est noyé dans le maelström des effets et d'un tempo qui essouffle. Dans la peau du « premier flic de France », Depardieu la joue tonitruante tandis qu'Inès Sastre est limitée à un maigre personnage de pseudo danseuse exotique. Différentes parutions accompagnent la sortie du film dont Le vrai Vidocq (Livre de Poche), Les véritables mémoires de Vidocq (La découvrance), Vidocq, le Napoléon de la police chez Tallandier ou encore un dossier dans le numéro de septembre d'Historia.
BLOW
Ted Demme, frère de Jonathan (Le silence des agneaux) raconte l'histoire vraie de George Jung (il est toujours en prison) qui devint, dans les années 70, l'un des rois de l'importation de la cocaïne aux USA. Blow (terme d'argot qui désigne la « poudre ») est l'occasion pour Johnny Depp de camper un enfant des sixties dans sa manière bien à lui d'imaginer le rêve américain. Un film solide mais sans originalité.
« Le lait… » : Maryline Canto et Dominique Blanc.
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« Vidocq » : Depardieu, le bagnard-policier en action.
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