Ludivine Julien a quitté le pôle France de Calais pour le club de Pfastatt. La jeune gymnaste défendra les couleurs de son nouveau club dès ce week-end lors des championnats de France.
ELLE possède de nombreuses qualités : elle est d'une souplesse exceptionnelle, elle est très expressive et elle est une remarquable technicienne à l'engin » : lorsqu'elles évoquent Ludivine Julien, leur nouvelle recrue, Agnès Lichtlé et Mariana Bannwarth ne tarissent pas d'éloges. La responsable et l'entraîneur du club de Pfastatt marquent cependant un petit bémol lorsqu'elles abordent le sujet des championnats de France GAF-GAM-GR qui se dérouleront ce week-end à Marseille et qui verront leur protégée, engagée en Nationale A, défendre les couleurs alsaciennes pour la première fois : « Elle manque de préparation physique et a du mal à tenir ses enchaînements, qui sont très compliqués. Elle n'a repris l'entraînement qu'à la fin du mois d'août, puisque le COSEC est malheureusement fermé durant l'été, et a donc pris du retard par rapport à ses adversaires qui, elles, ont logiquement dû reprendre trois semaines, voire un mois, plus tôt. » Il faut dire que ces dernières semaines, et même ces derniers mois, ont été plutôt agités pour l'adolescente de 16 ans, qui a vu ses habitudes totalement chamboulées puisqu'elle a dû quitter le pôle France de Calais. Calais où elle avait intégré le sport-études alors qu'elle était au CE1 et où elle travaillait sans relâche, sous la direction de Kathia Guillière, avec la ferme intention d'intégrer l'ensemble France. Elle a d'ailleurs failli réaliser son rêve, mais un malheureux concours de circonstances l'en a empêché, le passage de l'ensemble France du pôle France de Calais à celui d'Orléans, les deux clubs étant rivaux depuis longtemps, ayant joué en sa défaveur. Du coup, plus question, pour Ludivine, de rejoindre les Bleues. « Calais ne voulait pas me laisser aller là-bas et Orléans ne voulait de toute façon pas me laisser venir », résume la gymnaste avec fatalité.
« Rester au top »
Cette admiratrice des Russes Batyrchina et Tchatchina a donc fait une croix sur l'ensemble France. Et elle a dû, dans la foulée, changer d'environnement et donc quitter ses amies, sa famille s'étant quant à elle déjà installée en Alsace il y a deux ans. « Ça me fait vraiment bizarre de me retrouver ici… Mais je commence à m'y habituer. J'ai de nouvelles copines qui ne me laissent pas seule et qui m'aident beaucoup, précise Ludivine, qui a tout particulièrement sympathisé avec une autre gymnaste, Vanessa Buttera. J'ai tout de suite su que j'allais bien m'entendre avec elle, parce qu'elle a le même âge et le même caractère que moi. Elle va sans doute devenir ma meilleure amie ici. » L'Alsacienne d'adoption a par ailleurs un autre motif de satisfaction : celui d'avoir retrouvé ses parents, sa grande soeur Cindy (21 ans) et sa petite soeur Amandine (2 ans) : « Ils me manquaient tous beaucoup. J'aurais pu aller au pôle espoirs à Strasbourg mais j'aurais encore dû quitter ma famille. Alors ce n'était pas la peine : je ne suis pas venue ici pour repartir tout de suite ! » Ludivine Julien ne craint qu'une chose : perdre son niveau, l'entraînement dans un club comme celui de Pfastatt étant logiquement moins intense que dans un pôle France. « Avant, je faisais de la GR entre quatre et cinq heures par jour, plus une à deux heures de danse classique, avec bien évidemment des horaires aménagés, explique cette élève de seconde au lycée Montaigne. Alors forcément, j'ai un peu peur de perdre mon niveau. Il va falloir que je m'applique et que je travaille d'arrache pied pour rester au top. Mais je vais y arriver. Il y a de bonnes gymnastes à Pfastatt, mais pour le moment, je suis la meilleure, et je voudrais bien le rester. »
SE RENSEIGNER Les jeunes filles intéressées par la GR peuvent contacter Angès Lichtlé au 03.89.53.19.64 ou Mariana Bannwarth au 03.89.32.11.10.
Ludivine Julien : « Il va falloir que je m'applique et que je travaille d'arrache-pied pour rester au top. Mais je vais y arriver. Il y a de bonnes gymnastes à Pfastatt, mais pour le moment, je suis la meilleure, et je voudrais bien le rester. »
Darek Szuster











