La chute des cours des compagnies aériennes suite à la vague d'attentats le 11 septembre à New York et Washington aggrave la situation du groupe Swissair. L'annulation des vols vers l'Amérique du Nord la semaine, la baisse prévisible de la fréquentation des vols au cours des prochaines semaines et la nouvelle hausse du prix de carburant arrivent au pire moment pour la compagnie aérienne suisse en pleine restructuration. Lundi l'action de Swissair a dégringolé sous la barre des 50 FS (-19 %) avant de clôturer à 51,85 FS à la Bourse de Zurich. La plongée aux enfers de l'ancienne valeur sûre est vertigineuse : fin août, au moment de l'annonce de la suppression de 1250 emplois, l'action Swissair valait 100 FS, au début de l'année elle se situait encore à 250 FS après avoir culminé à 500 FS en avril 1998… Ainsi en trois ans et demi la valorisation boursière de la compagnie suisse a été divisée par dix. Swissair a démenti lundi les rumeurs de faillite du groupe, précisant qu'il dispose de liquidités suffisantes et qu'il n'a pas l'intention de recourir pour l'instant au crédit de 1 milliard de FS accordé par trois grandes banques européennes. Mais plusieurs experts estiment que compagnie se trouve dans une situation financière périlleuse : compte tenu de son endettement record (15 milliards de FS, soit plus de 60 milliards de F), elle risque de devoir déposer le bilan avant la fin de l'année. Swissair a enregistré un résultat négatif de 234 millions de FS au premier semestre 2001 après avoir subi une perte de près de 3 milliards de FS l'an dernier. A l'instar des grandes compagnies américaines qui ont réduit leurs vols de 20 %, Swissair va être touché de plein fouet par la crise de l'ensemble du transport aérien et notamment sur le marché américain qui génère plus de 20 % de ses recettes. Pour financer son redressement, le groupe avait annoncé fin août la vente de deux de ses joyaux, à savoir la chaîne de magasins d'aéroports Nuance et la société d'assistance au sol Swissport. La vente de ses deux filiales devait rapporter 4,5 milliards de FS. Compte tenu de la chute des cours, Mario Corti, le président du groupe Swissair, doit réviser ce chiffre à la baisse. Le désengagement du pôle français (AOM, Air Liberté, Air Littoral) n'a pas stoppé l'hémorragie : la filiale belge Sabena, dont Swissair contrôle 49,5 % du capital, se trouve au bord de la faillite et les énormes pertes du voyagiste allemand LTU continuent de peser lourdement sur le résultat. Pour contrer l'aggravation de la situation Swissair devra prendre de nouvelles mesures avant l'assemblée extraordinaire des actionnaires fixée au 9 novembre.











