Le Comité régional du tourisme et les viticulteurs alsaciens s'unissent pour structurer l'offre touristique dans le vignoble.
QUE les caves, les dégustations et les villages de la Route des Vins participent à l'attrait touristique, les 5800 viticulteurs alsaciens en étaient parfaitement conscients. En revanche, ils ne comprenaient pas pour quelle raison, il n'existait pas en Alsace une synergie plus structurée entre les professionnels du tourisme et ceux du vignoble. Dans ce contexte, l'initiative du Comité régional du tourisme d'Alsace (CRTA) et du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA) visant à créer un « atelier du tourisme viti-vinicole alsacien » ne pouvait être que bien accueillie. Pour la première rencontre de travail prévue le 12 octobre de 9 h à 12 h à la Maison des vins d'Alsace à Colmar, ils sont d'ores et déjà une trentaine d'inscrits dont 18 viticulteurs. Avant de formuler des propositions, le 12 septembre dernier, une soixantaine de représentants du tourisme et du vignoble s'était intéressée à l'état des lieux. Pour la pratique du tourisme viti-vinicole, l'Alsace est, après la Gironde, en 2e position des régions préférées des touristes. Selon un étude de l'Afit-Adt du Haut-Rhin, la clientèle du vignoble a, en moyenne, 47 ans ; elle est pour 42 % d'origine étrangère et passe en moyenne 6,5 nuits dans la région soit moins que dans d'autres régions viticoles. Par acheteur et par séjour, elle dépense en moyenne 751 F en vins. Les dépenses sont plus élevées chez les étrangers. Les clients qui sont déjà venus, dépensent en moyenne 894 F contre 564 F pour les nouveaux. Interrogés sur les raisons qui les ont amenées en Alsace, ces touristes affirment être intéressés par la découverte de la Route des Vins et des villes et villages viticoles. Pour 7 sur 10, ces découvertes jouent un rôle dans le choix de la destination de vacances. Seulement 10 % contre 40 % au plan national, viennent pour acheter du vin ; 62 % recherchent le contact avec le viticulteur et 47 % l'authenticité, les produits du terroir, l'hébergement chez le viticulteur ou le repas typique. L'enquête relève aussi la nécessité de proposer autre chose qu'une petite dégustation au caveau et de prendre en compte les enfants en leur offrant par exemple un jus de fruit. Les touristes regrettent la « trop forte subordination à l'achat à l'issue des dégustations et des visites, le manque de variété et d'originalité des visites ou la prise en charge insuffisante des enfants ». Concernant l'accueil dans leur langue, surtout l'anglais, 16 % seulement des touristes étrangers sont très satisfaits. Ils attendent aussi une meilleure transparence des prix des vins.
Des priorités
Des pistes d'actions sont envisagées. Si la situation politique le permet, on visera notamment le marché américain. Une carte privilège devrait leur offrir des facilités chez une centaine de prestataires en Alsace, Bourgogne et Champagne-Ardenne. Le Comité régional du tourisme lancera une campagne « gastronomie et vins ». La caravane de Noël en Alsace proposera aussi les vins lors de son passage dans les capitales européennes. Il est question de proposer quotidiennement des cours de cuisine et d'oenologie, de développer le tourisme-vendange, etc. Ces actions s'inscrivent dans une démarche nationale du tourisme viti-vinicole qui, sur le site www.franceguide.com ou par l'édition d'une carte touristique des vignobles et des routes des vins, va sensibiliser les tours opérateurs étrangers.
Les professionnels du tourisme et les viticulteurs veulent développer ensemble le tourisme viticole en Alsace.
Dom Poirier











