L'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire contre les symboles de la puissance financière et militaire américaine a provoqué une coopération d'une ampleur sans précédent entre les grands argentiers de la planète pour en contenir les effets dévastateurs sur une économie mondiale fragilisée. Il reste à savoir si ces efforts monétaires et budgétaires massifs suffiront à préserver les États-Unis et le reste du monde d'une récession. La baisse coordonnée surprise, lundi, d'un demi-point des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed), de la Banque centrale europénne (BCE) ainsi que de ceux de la Banque du Canada, de Suisse et de Suède, a probablement évité un effondrement des cours à Wall Street, selon des analystes. La Banque d'Angleterre et la Banque du Japon (BOJ) ont à leur tour abaissé leurs taux hier matin. La BOJ avait déjà procédé lundi à des achats de dollars pour soutenir la devise américaine.
Baisse des taux pour empêcher un krach
L'exceptionnelle réduction coordonnée lundi des taux directeurs aux États-Unis et dans la zone euro visait surtout, une heure avant la réouverture des marchés américains, à empêcher un krach, selon Robert Sinche de Citibank. « Le marché a fonctionné normalement et n'a pas subi de pertes extrêmement lourdes étant donné l'impact dévastateur de ces événements sur la situation financière d'un grand nombre d'entreprises » comme les compagnies aériennes et d'assurances, a relevé Stephen Carl, responsable des opérations de courtage de titres de William Capital Group. L'indice Dow Jones, le principal baromètre de Wall Street, a clôturé en baisse de 7,1% lundi, mais loin des 22,6% au moment du krach de 1987. Nombre de grands investisseurs, comme le milliardaire Warren Buffet, avaient annoncé en fin de semaine dernière qu'ils ne vendraient pas un seul de leurs titres lundi. Outre ce mouvement de patriotisme et les effets rassurants des assouplissements monétaires coordonnés de la Fed, de la BCE et de la BOJ, les injections massives de capitaux sur les marchés auxquelles ont procédé depuis une semaine les grandes banques centrales visent aussi à diminuer le danger de décrochage du dollar, explique Robert Sinche. Et elles ont été jusqu'à présent un succès comme le montre la faible variation des taux de change entre le billet vert, l'euro et le yen depuis une semaine. Il est vital pour les Etats-Unis de maintenir un flux positif de capitaux étrangers pour financer l'énorme déficit de leur balance des comptes courants qui représente 4,5% du produit intérieur brut. Une fuite des placements étrangers provoquerait une chute du dollar et forcerait alors la Fed à relever ses taux pour enrayer l'hémorragie de capaitaux, provoquant à coup sûr une récession. Si les réactions de la Fed et des autres grandes banques centrales ont permis jusqu'à présent d'amortir les premiers chocs des attentats, ces mesures exceptionnelles vont aussi assurer une forte reprise de l'activité dans les prochains mois, estime une majorité d'économistes.











