La Cour des comptes critique sévèrement la politique du médicament « dont les mesures prises depuis 1998 n'ont eu à ce jour qu'un faible impact sur les dépenses », la jugeant trop inféodée à l'industrie pharmaceutique et demandant qu'elle soit « profondément modifiée ». Dans leur rapport 2001 sur les comptes de la Sécurité sociale, les magistrats notent « une réflexion globale » et « des objectifs ambitieux » des pouvoirs publics mais leur reprochent « l'abandon de l'information des prescripteurs à la seule industrie pharmaceutique ». Consacré aux « dépenses de médicaments en ville », en progression de 10,7% en 2000, le document dresse en annexe le bilan de 24 mesures annoncées depuis 1998 en matière de politique de médicaments et dont à peine un tiers (7) ont été réalisées. Les magistrats dénoncent en outre une « régulation financière conventionnelle » qui « n'a pas suffi à freiner les dépenses », un « objectif de doublement des génériques non atteint » et des effets de la réévaluation du service médical rendu (SMR) « encore limités ». Pour les génériques, copies de molécules tombées dans le domaine public, (2,9% seulement du marché du médicament en avril 2001, loin de l'objectif de 35%) le document relève que les sanctions prévues en cas de non respect du droit de substitution accordé aux pharmaciens n'ont pas été appliquées. Pour lever les obstacles à leur développement, la Cour suggère « la publication mensuelle et sans délai du répertoire des génériques », et d' autoriser de « prescrire les médicaments en dénomination commune internationale » (DCI). Des remèdes comme un « réexamen régulier et fréquent des prix (des médicaments) en fonction de l'arrivée de nouvelles molécules, de l'élargissement des indications et de la progression des volumes vendus », la mise en place d'une « réflexion spécifique sur les médicaments les plus coûteux », pour tenir compte du rapport entre leur coût et leur efficacité (SMR), sont également préconisés. Enfin, la Cour encourage fortement le gouvernement à développer la formation initiale et continue sur la prescription ainsi qu'une information objective sur le bon usage du médicament, relevant que la formation et l'information des prescripteurs sont trop dépendantes de l'industrie et du réseau de ses 20.000 visiteurs médicaux. « Mettre en oeuvre ces priorités permettrait au marché du médicament de ne plus être un marché où l'offre influence trop fortement la demande», concluent les magistrats.











