Une semaine après les attentats, le président américain rencontre les dirigeants des pays alliés pour recueillir un large soutien pour une riposte aux attentats et dans la lutte antiterroriste.
UNE intense activité diplomatique s'est engagée hier à Washington, alors que les taliban afghans maintenaient un langage de fermeté, apparemment peu disposés à extrader le principal suspect, Oussama ben Laden. Le président français Jacques Chirac, accompagné du ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, devait être le premier dirigeant depuis les attentats à rencontrer le président George W. Bush, auquel il devait réaffirmer la solidarité de Paris. Les deux présidents devaient discuter de la coalition internationale et de la lutte contre le terrorisme. Le président Bush cherche à établir une vaste coalition antiterroriste, recueillant le maximum de soutien dans le monde, pour riposter aux attentats contre le Pentagone à Washington et le World Trade Center à New York, qui ont fait près de 6000 morts ou disparus.
La peur en Afghanistan
Etaient attendus également hier dans la capitale fédérale le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, et son homologue allemand Joschka Fischer, qui a affirmé dimanche avec le chancelier Gerhard Schröder sa résolution à participer à une riposte militaire. Ils devaient être suivis demain par le Premier ministre britannique Tony Blair, qui s'est placé depuis le début de la crise en position d'allié le plus proche des Etats-Unis. En Afghanistan, un conclave d'érudits de l'islam venus de toutes les provinces du pays qui devait débattre mardi à Kaboul de la crise a été reporté. Des oulémas (théologiens) ont en revanche répété qu'Oussama ben Laden, désigné suspect numéro un dans ces attentats par Washington, ne devrait pas être extradé d'Afghanistan sans des preuves concrètes de son implication, « même si l'ensemble de l'Afghanistan doit être dévasté ». Par peur de représailles américaines, des dizaines de milliers d'Afghans fuyaient les centres urbains de l'est du pays mardi, notamment à Kandahar (sud-est), où résident en temps normal ben Laden et le mollah Omar, chef suprême des taliban. Le secrétaire général de l'Alliance atlantique, George Robertson, a indiqué que l'OTAN avait « l'obligation morale » d'aider les Etats-Unis contre les auteurs des attentats, même s'ils « pourraient agir de façon indépendante, tout seuls ». Le président palestinien Yasser Arafat a fait part à Washington d'être « prêt à prendre part à une alliance internationale en vue de mettre fin au terrorisme contre des civils innocents ». La position palestinienne, que le président palestinien s'efforce de faire respecter également au Proche-Orient, a semblé produire de premiers effets spectaculaires. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a assuré de son côté que l'organisation était prête à relever le défi de la lutte contre le terrorisme, en mettant toutefois en garde contre « une division entre l'Occident et les musulmans ». Le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi a estimé qu'une coalition internationale devait être supervisée par l'ONU. Il a néanmoins souligné qu'une attaque contre l'Afghanistan serait une « catastrophe » qui provoquerait « des exodes » de populations.
Faibles chances de retrouver des survivants
La Chine a déclaré pour sa part que les « terroristes devaient être punis », tout en soulignant que toute riposte devait reposer sur des « preuves concrètes ». Pékin est également prêt à discuter de tout plan d'action devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Sur le terrain, les équipes de secours poursuivent leurs opérations de recherche sans grand espoir de trouver des rescapés. « Les chances de retrouver des survivants sont maintenant très, très faibles », a dit le maire de New York Rudolph Giuliani. Le président Bush, célébrant l'Amérique qui a « montré le meilleur d'elle-même » en ces temps difficiles, a appelé ses compatriotes à la générosité envers les organisations engagées dans les efforts de solidarité. Les dirigeants des compagnies aériennes américaines, dont les cours se sont effondrés mardi, ont tenu une réunion de crise mardi avec des responsables de la Maison Blanche et plaidé pour une aide fédérale afin d'éviter un désastre financier du secteur.
Comme un mémorial apparaît ce qui reste de la tour sud du World Trade Center.
AFP











