Aujourd'hui, on ne sait toujours pas si la station haut-rhinoise pourra fonctionner durant l'hiver. La réponse appartient désormais au préfet.
LA SITUATION « dramatique » du Markstein, dont la concession d'utilisation des terrains expire le 14 octobre, a été évoquée par le conseiller général François Tacquard, lors de la dernière réunion de la Communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin, ce qui a permis de mettre le doigt sur une situation administrative inquiétante. En fait, il s'agissait, pour les élus de la haute vallée de la Thur, de se prononcer sur l'attribution d'une participation de 110 150 F au Syndicat mixte pour l'aménagement du massif du Markstein — Grand Ballon, pour financer un audit organisationnel et financier. Pour pouvoir délibérer en connaissance de cause sur l'avenir de la station, il est préférable que les élus soient en possession de cet audit, ce qui suppose que l'échéance de la concession soit prorogée d'une année, car les conclusions de l'étude ne seront connues qu'au début de l'année prochaine. C'est ce qu'avaient demandé au sous-préfet de Thann les communes concernées, à savoir Oderen, Fellering et Ranspach, avant de lancer un appel d'offres, comme le prévoit la législation, pour renouveler le bail de l'exploitant des remontées mécaniques, la société Évasion 2000. Or le sous-préfet de Thann a refusé, jugeant cette démarche illégale. Face à ce refus, les élus sont revenus à la charge, cette fois auprès du préfet, par l'intermédiaire du nouveau sous-préfet de Thann. Si la réponse de l'autorité de tutelle est à nouveau négative, le Markstein pourrait rester ferme durant l'hiver, avec toutes les conséquences, en terme économique, de notoriété, de loisirs et de pratique sportive. À présent, la balle est dans le camp du préfet.
La fermeture du Markstein serait une véritable catastrophe économique, pour tous les intervenants...
Gérard Jaeglé, le patron de la société qui exploite les remontées mécaniques de la station alsacienne, est inquiet. Aujourd'hui, il ne sait toujours pas si la station pourra ouvrir à l'arrivée de la neige : « La fermeture du Markstein serait une véritable catastrophe économique, pour tous les intervenants de la station, les hôteliers et restaurateurs, le personnel des remontées mécaniques, l'École de ski, les négociants de matériel de sports d'hiver, ainsi que les communes et le tourisme hivernal. » Ce serait aussi la catastrophe pour le monde sportif (une quarantaine de compétitions y sont organisées tous les hivers), pour l'activité hivernale des clubs, des collectivités et pour tous les skieurs de la région. Déjà rudement touchée par le manque de neige des derniers hivers et le redoux habituel des vacances scolaires, par la fermeture de l'ancien centre de vacances de « Tourisme et travail » (Les Crêtes), la station haut-rhinoise n'avait pas besoin de ce nouveau coup dur. Depuis la publication la semaine dernière dans nos colonnes (mercredi 12 septembre, page Région) de la menace qui plane sur le Markstein, les coups de fil inquiets affluent dans la station, de la part des skieurs, des clubs, associations et collectivités, qui, dès l'été, prennent leurs dispositions et achètent des forfaits skieurs à l'avance. Même inquiétude pour les possesseurs d'abonnements annuels et de cartes magnétiques. Néanmoins, Gérard Jaeglé reste optimiste : « Je suis persuadé que dans cette affaire le bon sens l'emportera et que le Markstein pourra à nouveau accueillir les skieurs durant l'hiver ! »
Skiera-t-on au Markstein cet hiver ? La réponse appartient au préfet.
Photos Jean-Michel Cuenot
Ambiance plutôt morose cet été dans la station haut-rhinoise, dans l'incertitude de l'avenir hivernal du site.











