Le personnel de l'Agence nationale pour l'emploi se plaint du sous-effectif et des conditions de mise en oeuvre du PAP.
Le nouvel appel à la grève lancé au niveau national par les syndicats de l'Agence nationale pour l'emploi dans le cadre des négociations sur les 35 heures a trouvé hier en Alsace un large écho: 264 des 513 agents alsaciens de l'ANPE étaient en grève, soit un taux de participation de 51,5 %, supérieur au taux national (44%, 8 958 agents sur 20 374). Dans le Haut-Rhin, les grévistes étaient 94 sur 174 (54 %) ; dans le Bas-Rhin, 170 agents ont suivi le mouvement sur un total de 339 (50,1 %). Conséquence pour le public: la grande majorité des sites de l'ANPE ont gardé portes closes hier, 16 unités ou structures sur un total de 23. En particulier, 15 des 17 agences sont restés fermées, celles d'Altkirch, Guebwiller, Saint-Louis, Thann, Mulhouse nord et centre, Colmar, Wissembourg, Haguenau, quatre agences strasbourgeoises (sud, centre, ouest et l'agence cadres), Sélestat et Molsheim. Seules les unités de Saverne et Strasbourg nord ont accueilli le public. « Cette mobilisation est essentiellement due au refus de la direction générale d'envisager la création d'emplois statutaires et au non maintien des acquis en matière de congés dans le cadre du passage aux 35 heures », explique Michel Haeffelé, délégué régional du Syndicat national du personnel de l'ANPE (SNAP)-CFTC. L'intersyndicale CFE-CGC, CGT, FO, SNAP-CFTC, SNU, SUD, UNSA pointe aussi « les dangers de l'annualisation et de la flexibilité ».
« Demandeurs piégés »
Les syndicats dénoncent également les conditions de la mise en oeuvre du PAP (Projet d'action personnalisé, le pendant du Plan d'aide au retour à l'emploi) : « Devant ce bouleversement sans précédent et des flux records, nos conditions se sont encore dégradées ». Le SNAP-CFTC critique une autre conséquence du PAP, pour les chômeurs cette fois : « De nombreux demandeurs qui envisageaient une formation de longue durée dans le cadre d'une reconversion professionnelle ont été pris au piège par ce nouveau dispositif qui privilégie un retour rapide vers l'emploi ». Un exemple? « La formation d'infirmière, qui dure 36 mois, n'est désormais plus prise en compte que sur 30 mois, ce qui signifie six mois non payés ». Et le syndicaliste de poursuivre : « C'est à l'État de prendre ses responsabilités en publiant rapidement un décret qui permettent aux personnes privées d'emplois de percevoir une rémunération en fin de formation ». Les syndicats reconduisent l'appel à la grève pour aujourd'hui, indiquait hier après-midi le délégué régional du SNAP-CFTC.











