Les rebelles tchétchènes ont lancé hier une offensive spectaculaire en Tchétchénie, prenant d'assaut Goudermès, la deuxième ville de la république, et abattant un hélicoptère au-dessus du QG russe, causant au total la mort de 23 militaires dont deux généraux russes. Il s'agit du plus lourd bilan enregistré par les forces russes depuis juillet 2000, lorsqu'une quarantaine de militaires avaient été tués dans une série d'attentats dans la république rebelle. Tout a commencé à l'aube avec l'offensive, sans précédent depuis plus d'un an, d'un important groupe de rebelles à Goudermès, qui a fait au moins dix morts et huit blessés dans les rangs russes, selon l'état-major russe.
C'est la première fois qu'ils s'attaquent à une ville aussi importante
Les rebelles ont porté le même jour un autre coup aux Russes en abattant un hélicoptère Mi-8 aux environs de Khankala, le quartier général des forces fédérales dans la banlieue de la capitale Grozny. Treize militaires russes — trois membres d'équipage et dix officiers dont deux généraux — ont péri dans l'attaque. A Goudermès, « jusqu'à 300 combattants ont attaqué les bâtiments administratifs », a reconnu hier soir le ministre de l'Intérieur Boris Gryzlov. La présidence indépendantiste d'Aslan Maskhadov a pour sa part affirmé « contrôler complètement Goudermès et la localité de Nojaï-Iourt », dans le sud-est montagneux de la république. Une information aussitôt démentie par les autorités russes. Les combattants ont lancé ces dernières semaines plusieurs opérations dans les zones montagneuses du sud, mais c'est la première fois qu'ils s'attaquent à une ville aussi importante. D'après la police locale, les combats ont duré plus de six heures à Goudermès, l'une des premières villes à être tombées sans combat aux mains des forces russes en novembre 1999, un mois après leur entrée en Tchétchénie. La ville a été bouclée par les forces russes. « Quinze combattants ont été tués (à Goudermès) alors que 400 personnes soupçonnées de servir la guérilla tchétchène ont été interpellées », a affirmé sur la chaîne ORT le commandant des forces fédérales en Tchétchénie, le général Valeri Baranov. Le porte-parole de la fraction radicale des indépendantistes, Movladi Oudougov, a pour sa part affirmé que des soldats russes, retranchés dans un bâtiment militaire de Goudermès, continuaient à résister aux rebelles. Il a reconnu la mort de onze combattants au cours de l'offensive d'hier.
Il a également affirmé que des combats étaient en cours à Argoun (10 km à l'est de Grozny), une information démentie par l'administration d'Akhmad Kadyrov. Selon M. Oudougov, une dizaine de soldats russes ont été tués dans un attentat suicide perpétré contre l'administration militaire de cette localité. La police locale a pour sa part indiqué que c'était la maison de l'administrateur pro-russe d'Argoun qui avait été touchée par une explosion criminelle n'ayant fait, selon elle, aucune victime, à l'exception du kamikaze. Les troupes russes ont été placées en état d'alerte maximale à Grozny et une réunion du gouvernement tchétchène pro-russe prévue hier a été annulée à la suite de ces attaques. Toute circulation dans la capitale tchétchène a été interdite, alors que des militaires russes s'affairent à creuser des tranchées autour de la ville de crainte d'une offensive rebelle.











