Frédérique Jacquot bichonne avec bonheur son jardin au naturel, perché aux Hautes-Huttes. Ici, ni engrais, ni pesticides : ce sont les insectes, oiseaux, fleurs et petits mammifères qui font le boulot.
TROQUER des graines de cosmos contre un plant de rhubarbe, des tubercules de dahlias contre un plant de raifort, un éclat de touffe de reine marguerite contre des plants de fraisiers… C'est ce que proposent sept passionnés de jardinage du canton de Lapoutroie. Leur seul objectif est de rendre service, d'élargir une pratique conviviale et ancestrale entre voisins. Ce rendez-vous, le troisième du genre, se déroulera cette fois au centre Lefébure à Orbey samedi 27 octobre. L'échange portera aussi sur ces petits trucs qui font les bons jardiniers. Les organisateurs essaient également de mettre en avant les variétés anciennes, traditionnelles et spécifiques au terroir. Mais cette journée vise surtout à « sensibiliser les gens au jardin biologique, le jardin au naturel, sans pesticide, ni engrais », déclare Frédérique Jacquot, qui participe à l'organisation.
Bénéfique lavande
Installée au fin fond de la vallée d'Orbey, aux Hautes-Huttes, Frédérique s'occupe avec passion d'un petit jardin depuis six ans. Ici, ni rangées, ni rangs d'oignons : c'est le règne du « jardin-fouillis ». « J'essaie d'attirer un maximum de faune : insectes, mammifères qui sont les prédateurs des parasites habituels tels les pucerons, qu'adorent les coccinelles, les mésanges, les perce-oreilles, ou les limaces qui font la joie des hérissons ». Elle côtoie ainsi des orvets, des fouines, des belettes, des couleuvres, sans parler d'une myriade d'insectes. Un autre principe est de mélanger fleurs et légumes : « Plus vous mettez de fleurs, plus vous aurez d'insectes pollinisateurs -abeilles, papillons… Cela sera très bénéfique pour les tomates, les courgettes ». Il y a aussi les assemblages heureux, celui de la tomate et des salades, des poireaux et des carottes ou du céleri et du chou. Il faut en revanche éviter la cohabitation des courgettes et pommes de terre. Frédérique Jacquot évoque encore les plantes aromatiques qui attirent les insectes, riches en nectar, et dégagent des odeurs éloignant aussi les parasites : « La lavande est par exemple très bonne pour les rosiers car elle chasse les pucerons ».
La moutarde désinfectante
Elle désigne un arbuste, un sureau rouge : « C'est intéressant pour les oiseaux car il leur procure de la nourriture en automne ». Et les oiseaux, eux aussi, combattent les parasites comme les chenilles. Elle montre encore un carré de moutarde, un très bon désinfectant du sol. Bref, l'idée du jardin biologique est de laisser faire la nature qui est, comme chacun sait, bien faite. Frédérique Jacquot conclut : « Je ne recherche pas la rentabilité. Je suis contente quand je récolte mes légumes, mais mon plaisir est surtout dans l'observation de la faune, de la vie sauvage qui se développe. Quand je vois passer une couleuvre ou un crapaud, je suis heureuse. De toute façon quand je suis dans le jardin, je me sens bien. C'est aussi simple que cela ».
Frédérique Jacquot dans son jardin aux Hautes-Huttes, avec, en main, une centaurée à grosse tête.
Hervé Kielwasser











